Je m'appelle Pauline, j'ai 28 ans et j'ai un parcours assez atypique, plein de haut et de bas même avant la PMA (qui nous ouvre grand les bras j'ai malheureusement bien l'impression).
Notre envie d'avoir un bébé débute fin 2017. J'ai une maladie (plutôt une condition) rare appelée arthrogrypose qui a entrainé des pieds bots et mains bottes sévères ainsi que le blocage de quelques articulations. Ceci a impliqué 15 ans de suivi quotidien puis mensuel à l'hôpital, une opération, des attelles à porter quasiment jour et nuit puis juste la nuit, tout sans parler de l'impact psychologique. Aujourd'hui j'ai une vie tout à fait normale mais tout ça n'a pas été sans conséquences.
Avant de lancer tout projet de grossesse je voulais savoir si cela est génétique. Lorsque j'avais vu mon docteur pour la dernière, à mes 19 ans, il m'avait dit que j'avais une chance sur deux de transmettre cette maladie. J'ai donc vécu pendant 9 bonnes années avec cette certitude.
En février 2018 j'ai un rendez-vous avec une équipe spécialisée dans la recherche sur ma maladie. Je passe un IRM et un examen clinique et le verdict est qu'il s'agirait d'une forme non héréditaire mais ce n'est pas sur et il faut confirmer par une prise de sang. Sauf que c'est la recherche et ça prend du temps !
Si ma maladie est finalement héréditaire nous ferons alors appel au don d'ovocytes ou à la FIV DPI, le résultat de cet examen est donc lourd de conséquence.
J'arrête ma pilule en avril 2018 mais nous ne commencerons les essais qu'en novembre 2018. En attendant de commencer les essais je surveille mes cycles et détecte une insuffisance lutéale : j'ai mes règles 8 à 9 jours après mon ovulation. On commence les essais mais n'y tenant plus de voir débarquer mes règles toujours aussi tôt (et donc empêchant toute nidation) je décide de consulter. Le premier gyneco a été infect et m'a prise pour une ab**tie (pour lui ce n'est pas possible d'ovuler à un autre jour que J14, je me trompe forcément sur mon ovu, les courbes de températures ne se font plus depuis des années et bien d'autres inépties), la deuxième ne savait juste par ce qu'était l'insuffisance lutéale et que c'était possible que ça arrive et le troisième s'est tout autant foutu de moi que le premier. En insistant j'ai réussi à me faire prescrire de la progestérone, j'ai du y retourner à trois reprises parcequ'il ne me prescrivait jamais les bonnes doses.
Enfin au final j'ai réussi à obtenir une phase lutéale de plus de 10 jours à partir d'avril 2019 grâce à Utrogestan.
Le temps passe et rien. Nous retournons voir ce gynéco qui nous parle comme à des chiens et nous prescrit un semblant d'examens. Il ne nous reverra plus.
Entre temps je reçois un coup de fil du centre de recherche, début octobre 2019, après un an et demi d'attente : ma maladie n'est pas héréditaire ! On échape à la FIV ! Du moins c'est ce que je croyais...
Grâce à une super copine d'essais qui arrive à tomber enceinte au bout de 9 mois et qui me donne son rendez-vous qu'elle avait pris avec une spécialiste je vais enfin rencontrer ma super gyneco que j'aime fort fort fort
Elle est très empathique et optimiste, elle prend les choses en main et veut que les choses aillent vite et bien. Elle me prescrit donc un bilan hormonal et une écho de début de cycle pour calculer ma réserve ovarienne et un spermo pour chéri.
Mes examens se passent bien, AMH à 3,76, 14 follicules antraux à J3 (sans aspect OPK mais tout de même multifolliculaires), tout le reste est ok. Je n'ai pas encore fait d'hystero parceque vu que c'est pas un examen très agréable ma gyneco ne voulait pas me le faire faire trop tôt pour qu'au final quand on en aura vraiment besoin ça fasse trop longtemps et que je doive le refaire (quand je dis qu'elle est géniale !!).
Les résultats du chéri tombe et là : cryptozoospermie (pas de zozos visibles directement, ils sont seulement trouvés après centrifugation). Donc on revient à la FIV...
Je revois ma gyneco mardi prochain avec tout ça pour voir ce qu'elle nous dit mais nous ne nous voilons pas la face, avec un tel spermo il n'y a pas d'autres solutions.
Voila mon histoire, j'espère trouver ici des filles avec qui échanger pendant ce parcours qui s'annonce tumultueux.
Bises et bon courage à toutes !

