Je suis complètement perdue et ne sait pas trop quoi faire, ni si je dois en parler à mon conjoint au risque de le faire flipper
Depuis 4 ans nous sommes en protocole de FIV pour un deuxième enfant. Rien de très évident, car mon conjoint étant fils unique, il doute de notre capacité à accueillir correctement un deuxième enfant en terme d'organisation et financièrement. De mon côté le désir était très grand, il m'a suivi.
Suite au 3ème échec de fiv, nous explosons. Je suis épuisée, il est inquiet pour ma santé, le médecin de notre centre d'alors, m'enjoint avec un tact relatif à ne pas faire la dernière fiv arguant qu'à mon âge j'allais soit faire une fausse couche soit un trisomique (je raccourcis). Brève séparation, je donne tous les vêtements et équipements bébé que j'avais conservé jusque là... Et je n'arrive pas à clore le sujet bébé.
6 mois plus tard, nous recollons les morceaux avec mon compagnon, suivons une thérapie familiale et trouvons un nouvel équilibre. De mon côté, encore traumatisé par mon dernier entretien avec la gynéco, je prends rdv pour un deuxième avis auprès d'un spécialiste à Lyon.
Je m'attends à ce qu'il aille dans le sens de l'autre gynéco, mais de manière très rationnel, il me dit que vu mon profil, j'ai déjà un enfant et une AMH très correcte pour une quarantenaire, ça se tente.
RDV est pris pour novembre. Je mets toutes les chances de mon côté : après une année éprouvante au niveau personnel et professionnelle, je me consacre uniquement à mon bien être et à cette FIV : Vitamines, acupuncture, pas d'alcool, pas de cigarette (même mon compagnons s'y met), vacances, moments doux en famille, bref tout va bien !
Mais malgré le transfert d'un blastocyste au top 15 jours plus tard c'est
Grosse douche froide pour mon compagnon qui le vit très mal. De mon côté, je pleure un jour et puis ça passe, j'ai tellement travaillé au deuil de ce deuxième enfant pendant un an, que je le vis paradoxalement plutôt bien. J'ai fais tout ce que je pouvais, ça n'a pas marché, c'est la vie.
Mais il reste 2 embryons au congélateur... Quelques examens plus tard, le transfert est prévu mi mars...
Juste avant de commencer le protocole, je me réveille une nuit pleine d'angoisse : est-ce que je veux vraiment de ce bébé tellement désiré et dont j'ai enfin réussi à faire le deuil... mais les embryons sont là, je ne peux pas les jeter à la poubelle (je suis trop vieille pour en faire don) je ne veux rien regretter. Nous décidons d'aller au bout...
Le transfert a lieu et là j'applique réellement le "Vivez normalement", je fume une cigarette par jour jusqu'à quasiment la veille du transfert (je m'en suis même offert une après), je bois de l'alcool 2 jours avant, je ne tiens pas compte des effets secondaires de la progestérone, je fais ce qui me plaît et le jour de la prise de sang arrive, je suis à peu près calme (impossible de ne pas psychoter pendant un parcours de PMA) et là, alors que je m'attends au 0 UI qui me permettra d'arrêter les ovules de progestérone et les patch sur les fesses tellement glamour pour la vie intime.
Je me dis que la vie se moque de moi, c'est positif avec un taux moindre que pour mon fils, mais positif quand même. S'ensuit les prises de sang toutes les 48h pour voir si le taux double... il ne double pas tout à fait mais à part un biologiste un peu zélé qui m'annonce une GEU à la deuxième PDS, me faisant passer un week end pourris m'imaginant faire une fausse couche sur scène (je suis comédienne) quelques jours plus tard. Mais ni mon gynéco de PMA, ni sa secrétaire, ni les autres biologistes, ni ma sage-femme ne s'inquiètent. Je me dis qu'ils doivent en voir passer des tests et que je peux leur faire confiance. J'attends donc l'échographie pour voir si cette grossesse est évolutive...
ET Là DILEMME
ALORS que j'attends cette écho avec impatience et crainte, que j'ai attendu cela pendant 4 ans, que j'ai une chance inouï car j'avais 1 chance sur 10 pour que ça marche.
Ce soir, je suis en plein questionnement sur mon désir pour cet enfant :
J'ai peur de la fausse couche, j'ai peur de la trisomie, je ne sais pas où on va le mettre dans la maison alors que son frère aura 8 ans de plus que lui ou elle, j'ai peur de ne pas avoir les moyens financiers de l'assumer, de galérer alors que nous sommes déjà dans une situation précaire, de me mettre dans la difficultés avec mon travail qui me demande d'être souvent en déplacement ou de faire peser cet enfant sur mon compagnon. Bref j'ai peur de m'obstiner dans un projet de famille qui correspond à un fantasme mais qui risque d'être déçu et de rendre tous le monde malheureux...
Ce sont les montagnes russes parfois, je suis très positive et l'instant d'après tout dégringole, et en plus je suis épuisée et je ne dors que 5h par nuit...
Que faire ?

