je suis nouvelle sur ce forum, et je dois avouer qu'après 3 années de tentatives, je suis heureuse de vous rejoindre ici !
Pour vous partager un peu de mon expérience, nous avons décidé d'avoir un bébé en septembre 2017. Arrêt de pilule, et pas de règles qui arrivent... on a cru que ça avait marché dès le premier coup! la chance du débutant quoi! Mais non. Je suis anovulatoire : je n'ai pas de cycle, pas d'ovulation et donc pas de règles. Comme certaines personnes ont pu me dire : c'est le rêve de beaucoup de femmes de ne pas avoir de règles. Certes, sauf quand on veut avoir un enfant.
S'en sont suivis des rdv chez une gynéco, qui, sans me faire faire d'examen, m'a donné des médicaments en me disant "ça ira vite, vous êtes jeune". Je n'ai toujours pas eu de cycle. Je trouve une autre gyneco (dans mon budget), qui me fait faire quelques examens (dont l'hystérosalpingographie... on a cru que j'avais les trompes bloquées mais c'est que j'avais tellement mal et j'étais tellement crispée que rien de rien ne passait) + demande un spermogramme à mon compagnon.
Sans mettre de diagnostique sur ce que j'ai, disons que ça se rapproche d'un SOPK. On m'a aussi parlé d'ovaires micropolykistiques.
La gyneco me met sous clomid (c'est tout) et me demande de prendre ma température. Pendant 3 ou 4 cycles. En retournant la voir avec mes courbes, elle me dit "humm l'ovulation n'est pas certaine"). OK. On décide avec mon compagnon de mettre en pause quelques temps.
Tout au long de ce début de parcours, j'essaie aussi de la médecine douce, notamment en allant voir un microkiné. Sans succès.
Je retourne prendre un autre avis chez la première gynéco. Qui hallucine que j'ai été mise sous clomid sans suivi. En m'auscultant la poitrine, elle fait sortir un peu de lait (OMG!!) et me donne du dostinex, en me disant que le problème vient de là. A la lecture des effets indésirables, je décide de contacter mon médecin traitant, qui me fait une lettre de recommandation pour aller en PMA.
Seulement mon compagnon n'est pas pour. Il préfère que ça se fasse naturellement, ne veut pas qu'on se prenne la tête.
Je décide de retourner voir ma gyneco de jeunesse, ma toute première gyneco, qui m'avait auscultée quand j'avais eu des problèmes de cycle à 16 ans. Elle confirme qu'il faut qu'on aille en PMA, sans quoi on pourra attendre encore des années... elle me prescrit toutes les analyses nécessaires (qui révèleront d'ailleurs que je n'ai pas de problème de prolactine), pour gagner du temps une fois en PMA.
Mon compagnon accepte donc qu'on y aille.
Superbe rencontre avec le centre de PMA. Je me sens ENFIN écoutée, prise en charge, et ça fait un bien fou. ça me libère de cette charge mentale. Depuis, on y va à notre rythme, on n'enchaine pas les cycles les uns après les autres (on va quand même mettre un petit coup d'accélérateur à partir de maintenant...)
Le médecin de PMA nous a laissé choisir le process qu'on voulait suivre. On a donc pris le moins intrusif au début : le CLOMID. Mais mes ovaires n'y réagissent pas. Donc on abandonne au bout d'un cycle. On passe au Puregon. Mes ovaires réagissent bien. On a fait deux cycles de stimulations avec Puregon + déclenchement ovitrelle puis rapports programmés. On se prend au "jeu" si je puis dire, mais la chute est lourde quand le test affiche un négatif.
Mon compagnon est maintenant partisan de passer à la FIV. J'avoue que j'ai des craintes. ça me parait BEAUCOUP plus lourd que de la stimulation simple. A votre avis ?
RDV de suivi mercredi avec le gynecologue. On verra ensuite.
Psychologiquement... c'est pas facile... (comme vous toutes j'imagine)
Nous sommes seuls dans notre entourage à suivre cette procédure, et pour tout vous dire, je n'en ai pas parlé pendant des mois, voire des années. Un peu de honte, et pas envie qu'on s'apitoie sur moi, sur nous. Mon compagnon n'en parle pas du tout autour de lui je crois. Il est très pudique.
Alors quand le sujet arrive dans les conversations, on esquive : "des enfants ? on verra quand ça viendra".
La culpabilité un peu aussi, le fameux "si mon chéri était avec une autre femme, elle pourrait lui donner des enfants". La culpabilité de trop angoisser et que c'est pour ça que ça ne marche pas, puisque les analyses ne révèlent rien d'anormal.
La petite pointe de culpabilité quand une amie m'annonce qu'ils veulent des enfants, et que je me dis que ce serait "juste" qu'on en ait avant eux. ("bah oui, ça fait plus longtemps qu'on attend après tout!") Même si bien sûr, que je serais très heureuse pour elle qu'elle tombe enceinte.
Le plus dur, je trouve, c'est l'attente après le déclenchement. Les 2 semaines à guetter le moindre début de symptôme. "Alors là c'est bon je le sens, c'est la bonne. D'ailleurs, mes seins sont un peu plus gros là, non, tu trouves pas ?". Et une énième déception. Heureusement, mon compagnon est un éternel optimiste, et on pense déjà à la prochaine tentative.
Désolée de ce roman, j'avais besoin d'extérioriser certaines choses je crois.
Si vous traversez les mêmes choses, ou pas d'ailleurs, je serais ravie d'en échanger avec vous.
Au plaisir de se soutenir mutuellement
