J'ouvre ce post aujourd'hui car je me sens vraiment mal par rapport à une amie qui est enceinte.
Elle connaît par le menu mes difficultés (on essaie depuis 2 ans et demi, avec 2 coelioscopies pour endométriose entre temps, une fausse couche et 3 inséminations). Elle a commencé les essais en février 2018, et en mars elle était enceinte. Elle a tardé pour me l'annoncer (je l'ai su en mai). Et quand elle me l'a annoncé elle était tellement mal pour moi qu'elle en pleurait presque de culpabilité. Et moi j'étais tellement dégoutée de lui gâcher son bonheur de me l'annoncer à cause de tous mes problèmes de m***! Bien sur j'ai tenté de faire bonne figure mais vous imaginez bien ce que j'ai ressenti.
Ma première réaction a été de me dire: "c'est trop dur, je coupe les ponts, je veux plus la voir". Et puis la raison a pris le dessus. Je prends régulièrement de ses nouvelles, je l'ai invitée à dîner il y a 2 semaines avec son mari (et son bidon bien rond), je vais la voir dans son quartier le week end pour pas qu'elle se déplace, je vais à la piscine entre midi et 2 avec elle.
La semaine dernière j'avais envie de me faire une piscine SEULE. Pas envie de papoter, de la voir dégoulinante de bonheur avec son bide, ses projets plein la tête et tout ça. Malheureusement, voila-t-y pas qu'elle se pointe également ! Bon, j'affiche un grand sourire en lui disant que j'ai décidé d'y aller au dernier moment, c'était pas prévu, tout ça tout ça. Pendant le cours, je me déplace pour être dans un endroit où j'avais de l'espace (on fait de l'acqua gym... je m'occupe comme je peux
Je commence à en avoir ras le bol de toujours faire des efforts pour pas être désagréable, pour rester proche d'elle, et au moindre coup de mou j'ai l'impression d'être "sanctionnée". Elle croit quoi ? Qu'il n'y avait pas de malaise jusque là ? Elle croit vraiment que pour moi c'est un réel bonheur de la voir tomber enceinte le 2ème mois alors que pour nous ça fait 29 mois qu'on galère ? Je la trouve soit très naïve, soit très égoïste. Ce matin je lui envoie un petit texto sympa pour entamer une discussion... qui est resté lettre morte.
En plus de toutes les galères qu'on se tape, de tous les échecs mensuels, de la médicalisation et l'inhumanisation du processus de procréation, les injections d'hormones à doses de cheval pour ne produire que 2 pauvres follicules dans le meilleur des cas, les crises de larmes quand ça ne marche pas, des non-vacances pour être dispo pour ces protocoles à la noix, je dois en plus me taper ça !
Franchement, j'en peux plus.... désolée pour ce post hyper long mais j'ai tellement besoin de me défouler et de partager !
Bises à toutes, je sais que je ne suis pas la seule à subir ce genre de vexations qui peuvent passer pour anodines (et qui le sont) mais qui sont juste la goute d'eau qui fait déborder le vase... Vous avez déjà vécu des situations dans le genre ?







