BOnsoir les filles,Mad07 a écrit : 20 août 2017 à 12:30 Bonjour les filles,
Sealine, j'avais suivi aussi ton parcours, je ne savais pas que tu avais vécu toutes ces épreuves avant. J'ai aussi eu pas mal de choses à surmonter, pas dans le même registre, mais finalement le ressenti est le même: j'espérais qu'après toutes ces souffrances, la vie allait enfin m'offrir un peu de douceur, de quiétude et de "normalité" avec un enfant. Mon conjoint qui a eu une saloperie de cancer à 24 ans, puis une récidive à 27 ans, pensait qu'il était temps pour lui aussi de prendre cette revanche sur la vie. Les échecs des FIV nous renvoient toutes et tous à des sentiments de souffrance passée, les réactivent parfois avec violence chez certain(e)s, comme nous qui avons vécu des épreuves très difficiles. C'est ce qui fait que je vis tout ça de manière si violente, je trouve que c'est particulièrement injuste qu'après avoir combattu si durement, nous ne soyons pas récompensés...
Drago, je vois un psy depuis près de 10 ans pour les raisons évoquées ci-dessus, il m'aide à y voir plus clair, mais parfois j'ai le sentiment que cela ne suffit pas en effet. Je pense que l'on trouve tous et toutes que tout ce processus de deuil ne va pas assez vite quel que soit le temps que ça prend. On souffre et on voudrait que ça s'arrête tout de suite. Mais malheureusement, seul le temps apaisera notre peine.
J'ai décidé de reprendre une activité artistique à la rentrée, de prendre des cours de guitare, chose que je voulais faire depuis longtemps. Cela peut contribuer à me faire du bien je pense, on verra...
Je suis heureuse que nous puissions parler de ces choses-là ici. Je m'étais éloignée du forum justement parce que je ne trouvais pas d'espace pour exprimer tout ça. J'avais le sentiment que c'était tabou, qu'il fallait privilégier un discours toujours positif pour ne pas "contaminer" les autres filles avec mes doutes, mes questionnements, mon découragement et ma tristesse. Et cela me faisait me sentir bien seule dans le monde de la PMA. Alors je suis contente et soulagée de pouvoir en discuter avec vous les filles![]()
Les médecins sont réticents à arrêter et nous relancent tout le temps sur un autre protocole ou une solution alternative (le don) parce qu'ils ne peuvent se résoudre à l'échec. Notre échec est le leur, du moins c'est comme cela que bien des médecins le vivent. Après ma dernière ponction (catastrophique) je pleurais tellement que la gynécologue m'a dit "on fera tout pour que vous soyez maman, vous le serez un jour". C'est touchant, même les médecins n'arrivent pas à se résoudre au fait que cela puisse ne jamais marcher.
Je serais curieuse de savoir quel est le ressenti/comportement de vos hommes. Le mien est un vrai cliché masculinIl ne parle pas de ses sentiments, ou très peu, mais je sais qu'il souffre, parce qu'il laisse échapper des bribes d'émotions lors de certains événements (naissances, grossesses autour de nous, etc...).
ça me fait du bien de vous lire.
Mad,
Je comprends ton conjoint, le fait d'etre en vie et debout, et après avoir vécu tout ces moments difficiles ( perso j'en vis encore car tache blanche suspecte là ou j'ai eu les rayons ) on aimerait avoir du bonheur; je sais aussi que c'est difficile pour les conjoints qui supportent la maladie de la personne qu'ils aiment et avec qui ils partagent leur vie; mon compagnon a été mon pilier, il m'a connu avant la maladie et maintenant; je fais 50 kilos de + à cause des 7 ans d'errance de diagnostic ou mon corps produisait des taux de cortisol 30 fois supérieurs à la normale, et il est encore à mes cotés; alors merci à vous, les conjoints d'etre là quand on ne veut plus voir personne, quand on est une loque et malade comme un chien à cause des traitements.
Pour té repondre Mad, mon homme est très pudique sur la PMA, alors que c'est une pipelette en temps normal; le souci de stérilité vient de lui, je ne sais pas si il est géné , il n'en parle jamais; lors de la dernière fiv j'ai explosé, car je me piquais 4 fois par jour en tout, entre le gonal, le decapeptyl et les anti-coagulants, et il ne me demandait jamais ou j'en étais du traitement . il ne savait meme pas pourquoi j'allais à la clinique tout les 2 jours; je vois la psy de la PMA 1 fois par mois, j'ai demandé à monsieur de venir, j'attends sa réponse; il a des soucis au boulot alors quand j'ai explosé il m'a répondu qu'avoir un enfant n'était pas sa priorité actuelle; je comprends, mais je l'ai pris comme une claque. lors de l'annonce de l'échec de la 2eme, il m'a dit on arrete tout, stop; ou on change de médecin ( car le notre ne nous explique rien, et meme si je suis infirmière j'ai besoin de savoir ou on va et qu'on nous explique ) .
Je sais très bien qu'on ne vit pas les choses de la meme façon homme/femme, mais parfois je lui en veux, car c'est parce que lui est OATS sévère qu'on en est là, et il ne semble pas s'investir. je culpabilise de penser cela, surtout que comme pour toi MAd, il a parfois des petites phrases qui trahissent son ressenti;
je me dis aussi que oui on s'aime, mais un couple peut se briser, et meme si on s'aime depuis 13 ans, j'imagine le jour ou on se sépare, et je me retrouve seule, sans enfants, et trop tard pour en avoir; j'espere ne pas vous choquer en disant cela, mais quand le moral est bas, cette pensée revient au coin de ma tete.
j'ai regardé la page d'accueil des liens que tu as mis drago, c'est fort, intense, je ne suis pas encore prete à les lire. encore de l'espoir surement...

