Mon projet bébé est tardif, après l’avoir mis de côté pendant des années. À 38 ans, un gynéco m’avait lancé que ce serait “les 12 travaux d’Hercule” vu mon surpoids. Pour me “réconforter”, il avait ajouté : “La grossesse, c’est comme le loto… tout le monde peut y jouer, mais tout le monde ne gagne pas.” Une vraie claque… Un an plus tard, je suis en couple, donc le projet bébé est abordé de nouveau! Maintenant faut "trouver" le bon moment pour se lancer… Et mai 2024, retard de règles, seins tendus, fatigue : test de grossesse positif. Immense joie à la maison.
Mais lors de l’écho de datation, c’est la douche froide : œuf clair. Je tombe sur une échographiste peu empathique, et je m’effondre.
La fausse couche se confirme quelques jours plus tard (12 SA).
Je me documente à fond, je me reprends : alimentation, sport, applis, tout y passe. Je veux comprendre, je veux agir.
Fin août : pas de règles → je me dis que c’est le dérèglement post-FC.
Mi-septembre : test positif... mais encore une fausse couche à 14 SA, cette fois un embryon s'est developpé mais pas d'activité cardiaque. Énorme déception.
Je décide alors d’explorer les pistes à l’étranger :
- Espagne : trop commercial,
- Portugal : contact difficile,
- Belgique : Assez reactif, on me donne RDV à M+3, les tests à faire etc..
- Danemark : demande les bilans avant toute chose.
Entre octobre et décembre : hémorragies, cycles déréglés.
Janvier : reprise en main → bilans hormonaux, comptage folliculaire : la cata, impossible d'acceder à mon ovaire : batterie d'examen seconde echographie, scanner, IRM ...
Résultats : kyste, lésions de l'ovaire, fibromes multiples. Verdict : chirurgie obligatoire si je veux aller plus loin.
Prochaine tentative : pas avant décembre 2025, le temps que mon utérus récupère.
Et là, quelques jours avant la chirurgie, test positif... Je pleure. Je sais déjà.
Vendredi 13 juin, confirmation : embryon arrêté à 6 SA. Le soir même, évacuation naturelle. C’est trop. Je suis au bout.
Aujourd’hui, je me rends à l’évidence : la seule option réaliste, c’est le don d’ovocytes.
J’ai 43 ans, je suis afro-descendante, et on m’a déjà dit que c’est très compliqué de trouver une donneuse noire… Mais tant pis. J’ai pris RDV au Danemark, ils travaillent avec Cryos. J’avance.
Mais j’ai mille questions :
- Vais-je réussir à porter le bébé d’une autre femme ?
- Mon compagnon va-t-il accepter ?
- Est-ce que je suis prête psychologiquement ?
- Financièrement, c’est très serré, mais… ai-je vraiment le choix ?
Je n’ai plus la force d’encaisser une nouvelle fausse couche.
Je vois que de nombreuses femmes après 45 ans, y arrivent avec un don d’ovocytes — mais moi, je doute que ce soit “ma” solution.
Bref, c’est le flou total. D’ici 2026, j’ai encore un peu de temps, mais je me demande :
Merci à celles qui prendront le temps de me lire
Et beaucoup de courage à toutes, quels que soient vos chemins.


