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Trop bien ! Belle rencontre à toi



Fenyr a écrit : 31 août 2022 à 15:38 Contexte:
- Fissure de la poche le 19 août, monitos toutes les 2h, antibio toutes les 8h car positive au strepto.
- J'accouche dans une clinique physio qui a l'habitude des projets de naissance, qui suivent la mère à 100% dans ses envies le jour-J
- Mes contractions vont et viennent pendant 2 jours et demi, le moral vacille. Les sages-femmes me disent que le travail se met en route en moins de 4 jours la plupart du temps donc elles ne me proposeront rien avant le 23 sauf si je le demande.
- Mon conjoint est avec moi depuis le début, on a une grande chambre dans laquelle il peut dormir avec un lit d'appoint.
21 août à 21h40, on m’appelle au monito du soir, c’est Juliette, la SF avec qui j’ai tout de suite noué le contact la veille, je lui dis que ça tire un peu mais je ne me fais pas de faux espoirs, ça arrive souvent.
Je dis à ma fille qui si elle nait, c’est cette nuit, je veux être accompagnée par Juliette !
Pendant le monito je suis obligée de m’allonger sur le côté pendant 30min car la gêne s’est un peu intensifiée et je vois qu’elle revient de manière régulière et qu’elle est bien marquée sur l’écran. Je suis soulagée de voir que ce sont bien des contractions.
La sage-femme me parle d’un suppositoire à base d’opium si besoin pour voir si ce sont bien de vraies contractions, je lui dis que je verrai peut-être plus tard, pour l’instant je gère très bien. Ce sont comme des grosses douleurs ligamentaires.
22h, je vais prendre une douche dans laquelle je passe plus de 30minutes assise au fond, les contractions sont toujours là mais s’apaisent avec la chaleur.
Mon conjoint installe une ambiance zen dans la chambre avec notre veilleuse et la playlist qu’on avait faite 3 jours plus tôt. C’est parfait, je prends mon peigne au cas où et me réinstalle dans le lit sur le côté gauche.
23h40, je lui dis d’appeler Juliette pour le suppositoire, les contractions sont plus fortes, autant que je ne souffre pas pour rien s’il les apaise.
Je me rends compte que je suis complètement dans ma bulle et je ne me retourne même pas pour regarder la SF, je lui dis simplement que c’est plus intense et que j’ai du mal à prendre une autre position. Elle me donne ce qu’il faut, me caresse le dos et repart.
A minuit je dis à mon conjoint de dormir un peu, au cas où. Et moi je commence à souffler plus fort et serrer mon peigne.
1h, je le réveille et je retourne sous la douche en claudiquant comme je peux, et là c’est le début des ennuis.
Je me rassois au sol sous l’eau mais les contractions suivantes n’auront plus de que 2/3min d’écart et ont passé un nouveau stade de douleur. Je me tords par terre, je sors de ma bulle à chaque contraction et je mets l’eau de plus en plus chaude sur mon ventre.
Entre deux, je demande à fermer la porte de la salle de bain pour me plonger dans le noir, j’ai besoin de couper mes sens et d’être à 100% avec moi-même.
Je ne sais pas combien de temps je reste comme ça, le noir ne change rien, je souffre vraiment, je ne sais même pas comment bouger de là où je suis, je n’arrive plus à parler ni appeler et je me mets à vomir deux fois dans la douche.
Par miracle, mon homme entre-ouvre la porte pour voir où j'en suis, il faut absolument appeler Juliette, tout de suite !
Il revient 30sec après me demander si je peux monter jusqu’aux salles de naissance au 3e étage (hahaha… non) et juste en me voyant avoir une contraction, il rappelle en disant que c’est impossible.
Je ne sais même plus quelle heure il est, Juliette et l’auxiliaire de puer Fanny arrivent avec un fauteuil roulant sur lequel j’arrive (ou est-ce que qqn m’aide ?) à me hisser.
Je crois que c’est moi qui enfile mon vêtement d’accouchement pendant que mon conjoint prend le sac et en avant vers l’ascenseur dans lequel je passe à nouveau un palier dans les douleurs.
Plus rien de va, je n’arrive pas à descendre du fauteuil et je reste dedans pour le monito. Je ne gère plus mes contractions, j’ai l’impression qu’elles s’enchainent à une vitesse de dingue, je ne respire quasiment plus entre chaque mais l'absence de douleur, même 1 minute fait du bien, je profite à fond de cette minute avant de repartir. Je choppe le lavabo à côté pour me faire rouler jusque là et vomir à nouveau. Je poserai ma tête sur le rebord pour trouver de la fraicheur tant que je peux.
Mon homme me papouille les cheveux et le dos, je me concentre le plus possible sur ses mains, elles me serviront de péridurale.
Juliette revient, s’assoit à côté de moi et je lui dis que je n’en peux plus, que je n’y arriverai pas (bonjour désespérance), elle me dit qu’elle me fait couler un bain le temps de finir le monito mais que je gère super bien, bébé va bien et je me raccroche à ça.
Fin du monito, elle aimerait juste voir comment ça avance avant de me plonger dans le bain. Entre deux contractions je prends de l’élan jusqu’au lit et je me cale sur le côté gauche, nouvelle contraction, je lui dis que je ne bougerai pas, qu’elle fasse son touché comme ça, je ne veux pas savoir où j’en suis.
Elle me dit juste que ça avance très bien (j’apprendrai plus tard que j’étais à 7) mais je n’arrive plus à bouger.
C’est celle-là, cette position qui me soulage, le peigne planté dans le pouce gauche, la main droite qui a trouvé une poignée sous le lit, je gèrerai mes contractions comme ça jusqu’au bout, tant pis pour le bain.
Juliette sort et nous laisse avancer dans le travail mais moins de 10min plus tard, une douleur me fait pousser et OHMONDIEU que ça soulage !! Je pousse en reflexe à chaque contraction mais je me rends compte qu’il n’y a personne à mes pieds « Appelle-la, je pousse !! ».
Juliette et Fanny reviennent et Fanny me propose de soulever ma jambe et de l’appuyer contre elle pour pousser, j’ai peur de lui faire mal alors la poussé suivante ne fera rien. Tant pis, j’y mets toute ma force et avec grand bonheur Fanny ne bouge pas d’un pouce. Mon pilier jusqu'à la délivrance.
Puis elles me proposent de toucher le crâne et les cheveux de mon bébé. Je souviens m’être dit que je voulais mais j’étais si bien accrochée partout que non, mes mains n’étaient pas libres, je l’aurai entière dans mes bras.
26 minutes plus tard, ma Raphaëlle arrive, sa poche passera avec sa tête (je n’aurais que peu senti le cercle de feu) et se déchirera au passage des épaules, elle aura 3 tours de cordons au cou mais respirera directement. Heureusement, il n’y aura pas besoin de le clamper.
Je la récupère tout de suite, tellement vite que j’en jette mon peigne sans me rendre compte. Fanny me le ramènera le lendemain.
Je la regarde à peine et la cale directement dans mon cou, j'ai besoin de la sentir contre moi respirer et bouger.
Il est 3h26 et je réalise tout ce qu’il s’est passé en si peu de temps. Un boulet de canon.
Je suis shootée aux hormones et si fière de nous…
Mon conjoint aura été parfait à me répéter que j’étais la meilleure, que c’était parfait, que bébé arrivait et que je m’en sortais comme une cheffe tout en me continuant à me caresser le visage.
« Je ne te dirai plus jamais que t’es nulle », ça m’a fait rire au milieu de mes poussées…
Mon placenta sort dans les 5 minutes je dirais, on apprend à ce moment que c'est un placenta bi-partita, difficile de savoir s'il est entier.
Je fais une petite hémorragie et je dois avoir une révision utérine ainsi que des points à l’entrée du vagin et une chirurgie de la petite lèvre qui a une grosse éraillure et se déchire (mon périnée, lui, est intacte).
J’ai donc une rachis anesthésie.
Sur le coup je le vis très mal, je garde ma fille à peine 5 minutes dans les bras avant que son père la prenne en peau à peau puis Juliette et le médecin passeront 1h30 entre mes jambes à aller chercher des membranes, des caillaux et à me recoudre pendant que l’anesthésiste prends ma tension toutes les 5min. Je ne sens plus le bas de mon corps alors que je me sentais si vivante juste avant…
Mon bébé est de dos à moi dans les bras de son père, je ne verrai pas vraiment son visage avant 2h, je suis vraiment frustrée et triste mais elle est là, je m’accroche à ça et rien qu’à ça. Mon conjoint essaye de faire des selfies pour me les montrer, ça me fait rire mais ce n'est vraiment pas pareil.
On coupera son cordon ensemble à 9h et on redescendra en chambre tous les 3 vers 9h30, en fauteuil. Je retrouverai totalement mes jambes vers 10h30.
Cet après-midi-là je garderai ma fille le plus possible en peau à peau, je l'observerai sous toutes les coutures (on aurait dit un animal)
Mais c'est à ce moment-là que j'en tomberai complètement amoureuse

