Bonjour à toutes, ce week-end nous fêtions le premier anniversaire de notre fils et je me suis toujours dit que je déposerais un message ici à cette occasion. Même si cela n'apporte pas grand chose, quand nous étions en PMA j'ai passé des dizaines (centaines?) d'heures sur les forums à chercher un cas identique au mien pour essayer de lire notre avenir, c'était compulsif (et vain je sais!). Alors j'écris car peut-être que ce témoignage pourra redonner espoir à une personne de passage.
Nous avons classiquement commencé un parcours PMA après 1 an d'essais sans qu'il ne se passe rien. Dans mon entourage personne n'était dans cette situation, nous étions jeunes mariés, et à l'époque les annonces de grossesse pleuvaient tous les mois autour de nous. Ce qui est bizarre c'est que j'ai toujours eu un petit pressentiment au sujet de ma fertilité (ce qui pourra donner de l'eau au moulin de ces sinistres *** qui pensent que "de toute façon c'est dans la tête", j'espère que vous ne pensez pas cela de vous, c'est juste faux !). Nos tests sont revenus plutôt normaux si ce n'est que mon AMH était basse (0,9 pour 30 ans c'est pas terrible). Le ciel s'est écroulé sur ma tête en découvrant ce résultat (je n'ai même pas pu me lever le lendemain pour prendre l'avion de nos vacances), même si les médecins n'étaient pas aussi alarmistes. La perspective d'être ménopausée jeune est perturbante, et même aujourd'hui je n'assume pas cette possibilité. Nous avons enchainé les IAC, 6 en 6 mois, je ne voulais pas perdre de temps. Toutes strictement négatives, pas l'ombre d'une barre sur le test. Les médecins étaient étonnés, on m'avait assuré qu'en max 3 IAC ce serait réglé, que nous n'irions pas jusqu'à la FIV. J'ai progressivement perdu confiance en eux, et en l'avenir. Ce fut une période très très dure, je pleurais quasiment tous les jours. Avec le recul j'ai sans doute perdu trop vite espoir, mais je ne suis pas particulièrement solide (moins que la plupart d'entre vous que je lis sur ce forum!!) et la succession des échecs à un tel rythme c'était quand même très violent. Je ne voyais plus de sens à ma vie, j'ai insulté le ciel et surtout j'avais envie d'en finir. J'ai fait face à l'incompréhension voire à la lâcheté de certains de mes proches qui étaient dépassés par cette souffrance. Même ma petite soeur que j'aime tellement avait arrêté de me parler car mon amertume lui faisait peur. J'ai vu une psy sans que cela ne m'apporte rien. J'ai même vu une magnétiseuse alors que c'est pas mon genre ! Honnêtement je ne tire pas grand chose de cette période, on dit que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort : je n'en suis pas convaincue.
Mais j'ai continué à me battre pour pouvoir enchainer sans perdre de temps, avec le soutien inébranlable de mon mari, jusqu'à cette première fiv qui contre toute attente a donné lieu à une (légère) hyperstimulation, alors que ma réserve ovarienne était faible. Mystère mystère. Pas de transfert immédiat mais nous avons pu avoir des beaux embryons à congeler, l'horizon s'éclaircissait, même si je m'interrogeais du coup sur le pourquoi de nos échecs passés, notamment sur la réceptivité de mon endomètre. Et pourtant le premier TEC s'est avéré positif, et j'ai pu mener cette grossesse à terme, avec la naissance de notre fils. J'en profite pour dire aussi que j'étais persuadée que cette dernière tentative serait un échec, par pessimisme certes, mais aussi parce que je n'avais strictement aucun symptôme de grossesse, et tous les symptômes de l'arrivée de mes règles : bouffées de chaleur, petites crampes et même petites pertes de sang. A ce jour je ne comprends donc toujours pas notre infertilité, peut-être que mes trompes ne fonctionnent pas aussi bien que le disent les tests ? C'est sans doute un mystère qui ne se résoudra jamais, mais peu importe maintenant que notre fils est là !
Je vous souhaite le bonheur que vous attendez, en étant aussi sereines et confiantes que possible, comme je n'ai pas toujours su l'être ! Ce combat est souvent incompréhensible pour les gens "normaux" (je me demande vraiment comment ça fait de tomber enceinte naturellement!) , et la souffrance endurée est difficile à mesurer pour la plupart des gens : à quoi bon pleurer un enfant imaginaire qui n'a jamais existé ? Et puis de toutes les façons, la PMA ça marche à tous les coups non ? Alors heureusement qu'il y a ces forums pour pouvoir se retrouver et être solidaires dans ces épreuves. Je n'avais à l'époque pas la force d'écrire, mais merci donc à toutes celles que j'ai pu lire et qui m'ont tenu compagnie pendant ce douloureux (et pourtant très modeste) parcours, sans qu'elles ne le sachent.
