Titou201821 a écrit : 05 juil. 2021 à 15:38
Parce que j’en ai marre et que je ne sais pas quoi faire de ce que je ressens, de ce que je crois déceler quant à mon avenir..
J’ai déserté le forum parce que je m’y retrouve plus, je ne sais pas/plus gérer les réussites des autres (et je sais que pour la majorité y’a beaucoup d’échecs avant ces réussites…) mais je ne parle que de moi et de mon ressenti personnel. J’ai aussi (de la même façon que j’ai toujours refusé les groupes de paroles) beaucoup de mal à voir que pour des gens, des femmes, des couples, rien n’aboutit jamais..que les échecs se répètent et ça ne me rassure pas de me dire que je ne suis pas seule, ça n’a pas d’effet « apaisant » sur moi.
Pour me résumer : 39 ans, une fille de 10 ans d’une première union. Je refais ma vie en 2016, en 2018 après seulement 4 petits mois d’essai, je tombe enceinte naturellement de mon magnifique Ethan qui naitra trop tôt, bien trop tôt sans raison à 22 SA + 5 jours…le 22 novembre 2018. Et depuis plus rien..PMA depuis 2020, j’en suis à ma 3ème FIV…une IMSI…une FIV où tous les éléments étaient « alignés », où tout semblait annoncer enfin du bonheur…la ponction a eu lieu le 30 Juin là aussi j’y ai vu un signe (la grossesse de mon fils a été datée du 30 Juin 2018), ce mois-ci et ces dernières semaines j’ai fait des massages, de la relaxation, de l’acupuncture, beaucoup de randonnée, j’ai aménagé ma maison, mon jardin, passé du temps avec ma fille, mon chien, j’ai avancé sur mon mariage… j’étais détendue, sereine, confiante même…
Pour quoi : 0 embryon…rien, une IMSI mais rien…(même protocole que la 2ème FIV)..
L’hôpital m’a appelée pour me dire qu’il n’y avait pas d’embryons, je faisais mes courses…je suis tombée. Un petit couple de personnes âgées a appelé le vigile qui est venu, m’a relevée et m’a dit « c’est rien, y’a pas de problèmes », ça a été la phrase de trop, je suis entrée dans une colère noire qui ne me quitte plus depuis…
J’en ai ras le bol (et je pèse mes mots), marre des ces put****de phrases bâteau qui sont peut-être factuelles, rassurantes pour ceux qui le disent, mais qui n’apportent tellement rien, ni secours, ni repos, ni apaisant..je ne suis pas croyante mais bien entendu chacun sa foi, ses croyances, ses rocs à quoi s’accrocher, et à certaines des phrases « type » aident, mais pas moi et je n’en peux plus..
« de quoi te plains tu, tu as déjà une fille !! » . Mais bien sûr que j’ai une fille que je chérie plus que tout, mais elle est d’une première union. Alors quoi ? je dois m’en contenter…je n’ai pas le droit de vouloir un enfant avec mon compagnon actuel ? Parce que oui je suis maman, mais lui ? Il est papa d’un enfant décédé..qu’il ne voit pas grandir..qu’il ne caline pas…alors quoi ? il devrait reporter sur ma fille à moi ?
« le plus important c’est vous deux, les enfants c’est du plus…voire même des ennuis et que dire des vergetures!! » (oui oui je l’ai entendu celle là aussi). Alors oui avoir un enfant c’est de la fatigue, de l’inquiétude, c’est parfois un couple qui s’accroche parce que c’est nouveau, parce que chacun son rythme, on est pas dupes mais on la veut cette fatigue, ces cernes ,cette cellulite !!!
« faut penser à autre chose, plus vous focalisez dessus, moins ça marche ! »…mais dites moi, en PMA le principe n’est pas de toujours y penser : les rendez-vous, les échographies, les prise de sang, les injections à heure régulière ou à heure imposée, les cycles à surveiller..et puis si je vous dis de ne pas penser à un éléphant, laissez moi deviner…un joli éléphant vient de vous apparaitre en vision.
Et les autres « ça viendra quand tu t’y attendras pas », « la nature fait bien les choses », « y’a pas de hasard », « on t’envoie une épreuve », « t’as la santé, le reste importe peu »…
Alors oui tout ça peut être vrai mais est ce que ça m’aide moi ? est ce que ça me fait du bien à moi ? Non..
On le sait toutes, la PMA c’est pas un long fleuve tranquille, ça ne réussit pas à tout le monde et je sens bien qu’on prend le chemin du non aboutissement, et je sais pas vivre avec ce fait, cette conclusion, tout comme je ne sais pas vivre avec la mort inexpliquée de mon fils…je continue à vivre bien sûr mais dans quel état ? dans quel état d’angoisse de questionnement ? de frustration…
Comment on fait pour se dire qu’on arrive à la fin (je sais qu’il reste 2 FIV et je ne sais pas si j’irai vers le don d’ovocytes) mais si ça ne marche pas quand tout semble « aligné » comment garder espoir… ? Oui je me marie, c’est un superbe projet porteur mais le bonheur ne sera jamais total, complet…
39ans, je suis plus toute jeune pour la médecine…
Un long pavé décousu qui n’appelle pas de réponses, de retours…juste le besoin d’écrire, de dire ce que je ressens et qui vous parlera peut être..je ne me suis pas relue, excusez mes fautes
Je vous embrasse