Suis-je une girouette?
Posté : 13 juin 2014 à 18:55
Bonjour à toutes (et tous, s'il y a des môssieurs en ligne),
Je suis nouvelle sur ces forums, même si je traîne 7 ans de stérilité avec moi et que je vais fêter mes 40 ans dans qq mois. Je me décide enfin à partager avec des personnes dans le même cas que moi pour essayer de me soulager en évacuant un peu la honte, la colère des échecs, la culpabilité de ne pas rendre mon chéri père... et trouver un peu de chaleur et de réconfort de personnes vraiment concernées (je suis entourée de pondeuses).
Alors, me voilà:
- endométriose légère (ablation d'un kyste endo à l'ovaire en 2007) + OPK + cycles courts + réserve ovarienne minuscule (<1 de mémoire)
- 1ère étape PMA avec mon précédent conjoint : 3 IAC, 0 grossesse, et 1 plaquage soudain par le conjoint le mois précédent la 1ère FIV, sans crier gare
- rencontre du prince charmant 1 an après : le vrai, comme dans les films, sauf qu'il n'a pas de cheval fringuant mais une clio pas toute jeune, c'est l'amour le beau, le pur, le vrai, je me pince tous les jours depuis 4 ans pour m'assurer que je ne rêve pas Il est au courant de mon passé depuis le début, et au bout de 2 ans d'amuur, m'annonce qu'il veut qu'on ait des mini princes et princesses
- 2ème étape PMA: au même hôpital que là où je devais faire ma 1ère FIV, plus pratique ils avaient tout le dossier, l'historique. Après examens de monsieur, tout va bien pour lui, c'est moi dont les ovaires sont tous pourris. 1ère ICSI donc, avec stimulation de cheval et top motivation. Résultat, rien du tout: seulement 3 ovocytes prelévés, mais pas l'ombre d'un embryon ensuite. On doit réclamer un debriefing à corps et à cris (hôpital public...) et payer une consultation privée (80€) avec le toubib en charge si on ne veut pas attendre ce fameux debriefing 3 mois. Verdict : vos ovaires sont vraiment trop pourris, ça ne marchera jamais chez vous, en plus vous êtes trop vieille (38 ans à l'époque), allez donc en Espagne pour un don d'ovocytes.
- 3ème étape PMA : on change notre fusil d'épaule et demandons un 2ème avis à l'hôpital américain à Neuilly (à 1h30 de chez nous et 1h15 de notre boulot, pour la praticité géographique c'est pas top), chez un méga ponte recommandé par une copine OPK qui a eu 2bb grâce à lui. Discours hyper rassurant, démenti quant aux propos de l'hôpital public, on part en confiance. On fait 1 ICSI qui donne qq ovocytes, dont un seulement acceptera "d'embryonner" . Mais test de grosses négatif 15 jours plus tard. Je me laisse 2 mois pour me remettre physiquement (ça m'épuise de cavaler d'un bout à l'autre de l'IDF gavée d'hormones), et zou, on repart gonflés à bloc pour la 2ème ICSI, avec une stimulation encore plus forte (je ne veux pas dire de betises mais je crois que c'est 300U). C'est le mois de juillet, il fait chaud, je suis à ramasser à la petite cuillère, mais méga motivée. On me ponctionne 6 ovocytes, qui donnent 2 embryons, yeees, cette fois c'est sur, ça va marcher, on aura p'tet même des jumeaux, notre rêve! Ben non, test de grossesse négatif aussi. Tout ça pour ça...
- je n'arrive pas à me remettre de ces épreuves qui se sont soldées par autant d'échecs, ni physiquement ni émotionnellement. On part 15 jours au bout du monde sur des plages de rêve (mon grand kif perso) en amoureux pour se retrouver et récupérer. Ambiance paradis honeymooners, on choisit des hôtels sans enfant pour ne pas se prendre le bonheur des autres en pleine figure, et éviter que je me mette à sangloter dans mon cocktail en voyant un bambin faire des patés de sable devant mon transat. Bien que mes kilos PMA en trop me donnent l'impression d'être une baleine échouée, j'arrive à peu près à me détendre et je rentre relativement sereine... mais sans aucune envie de repasser par une FIV, je veux toujours nos mini princes et princesses mais je bloque complètement à l'idée de me retaper le chemin de croix de la FIV, et surtout de devoir gérer un nouvel échec.
- du coup on s'autorise une pause, le temps que l'envie et la niak reviennent, tout en réfléchissant à d'autres pistes pour nos minis : le don d'ovocyte et l'adoption. Mais on n'est pas en phase sur le sujet. Et l'envie de la niak de FIV m'ont désertée. Donc on se dit qu'on restera tous les 2 et qu'on ne va pas se détruire la santé, le moral et notre amour si fort avec tout ça. Notre vie à 2 nous plait beaucoup telle qu'elle est et ça nous va TB de la conserver telle quelle. Voilà c'est acté, et c'était en début d'année. Au départ, j'étais très soulagée, comme si on m'enlevait un poids : ouf, je ne referais plus jamais ça, je ne devrais pas être rentrée chez moi ts les soirs à heure fixe pour la piqure, je ne me leverai plus ts les jours à 4h30 du mat' pour être à 7h à l'hôpital pour les controles, je n'aurais plus des malaises et bouffées de chaleur dus aux hormones, je ne mettrai plus a vie en suspens à un hypothétique bébé que tout le monde autour de moi conçoit hyyyyper facilement, je n'aurais plus cette sensation de vacuité et d'inutilité, de ratée complète de ne pas arriver à enfanter, ce que font toutes les mammifères sans y penser... j'aurai enfin une vide de DINK assumée, je pourrai me faire plaisir sans économiser pour les études des enfants, ne pas être obligée de partir en WE à centerparcs au milieu de nains braillards mal élevés (si ce sont les mêmes que ceux qu'on a croisés à Thoiry un dimanche d'avril...)
OUI mais alors... pourquoi cette sensation de soulagement n'a duré que qq semaines? Pourquoi j'ai du mal à retenir mes larmes quand je vois un bébé? Pourquoi je pleure toute la soirée après que ma nièce de 3 ans m'ai baragouiné 3 mots au téléphone? Pourquoi j'ai eu tellement de peine quand ma sœur plus jeune que moi de 6 ans m'a nnoncé qu'elle attendait son 2ème? Pourquoi je me dis que le prince charmant va se lasser de cette vie, et va vouloir des mini princes tôt ou tard, et les fera sans moi? Il m'assure du contraire et je le crois sincère, mais si moi le manque d'enfant me fait autant souffrir, je me dis que ça va le rattraper un jour aussi... Je n'ai plus de goût à rien, plus rien de ce que j'aimais ne me fait plaisir, les voyages au bout du monde sont devenus quasiment une corvée, je n'ai qu'une envie, rester sur mon canapé avec mes 2 gros chats à attendre que ça passe, mais ça ne passe pas. Je deviens flippée pour un rien, je fais des crises de claustrophobies, une horreur. Je n'ai pas le sursaut pour reprendre le contrôle de tout ça, je ne suis plus que l'ombre de moi-même, je ne me reconnais pas, et j'ai peur de ne plus redevenir la fille fraiche, enjouée et super optimiste que j'étais.
Est-ce que vous aussi, ça vous arrive? Comment gérez-vous tout cela ?
Je rêve d'en parler et d'échanger avec qqu'un d'autre qu'à un psy, juste des gens comme moi...
A bientôt j'espère
Sansan
Je suis nouvelle sur ces forums, même si je traîne 7 ans de stérilité avec moi et que je vais fêter mes 40 ans dans qq mois. Je me décide enfin à partager avec des personnes dans le même cas que moi pour essayer de me soulager en évacuant un peu la honte, la colère des échecs, la culpabilité de ne pas rendre mon chéri père... et trouver un peu de chaleur et de réconfort de personnes vraiment concernées (je suis entourée de pondeuses).
Alors, me voilà:
- endométriose légère (ablation d'un kyste endo à l'ovaire en 2007) + OPK + cycles courts + réserve ovarienne minuscule (<1 de mémoire)
- 1ère étape PMA avec mon précédent conjoint : 3 IAC, 0 grossesse, et 1 plaquage soudain par le conjoint le mois précédent la 1ère FIV, sans crier gare
- rencontre du prince charmant 1 an après : le vrai, comme dans les films, sauf qu'il n'a pas de cheval fringuant mais une clio pas toute jeune, c'est l'amour le beau, le pur, le vrai, je me pince tous les jours depuis 4 ans pour m'assurer que je ne rêve pas Il est au courant de mon passé depuis le début, et au bout de 2 ans d'amuur, m'annonce qu'il veut qu'on ait des mini princes et princesses
- 2ème étape PMA: au même hôpital que là où je devais faire ma 1ère FIV, plus pratique ils avaient tout le dossier, l'historique. Après examens de monsieur, tout va bien pour lui, c'est moi dont les ovaires sont tous pourris. 1ère ICSI donc, avec stimulation de cheval et top motivation. Résultat, rien du tout: seulement 3 ovocytes prelévés, mais pas l'ombre d'un embryon ensuite. On doit réclamer un debriefing à corps et à cris (hôpital public...) et payer une consultation privée (80€) avec le toubib en charge si on ne veut pas attendre ce fameux debriefing 3 mois. Verdict : vos ovaires sont vraiment trop pourris, ça ne marchera jamais chez vous, en plus vous êtes trop vieille (38 ans à l'époque), allez donc en Espagne pour un don d'ovocytes.
- 3ème étape PMA : on change notre fusil d'épaule et demandons un 2ème avis à l'hôpital américain à Neuilly (à 1h30 de chez nous et 1h15 de notre boulot, pour la praticité géographique c'est pas top), chez un méga ponte recommandé par une copine OPK qui a eu 2bb grâce à lui. Discours hyper rassurant, démenti quant aux propos de l'hôpital public, on part en confiance. On fait 1 ICSI qui donne qq ovocytes, dont un seulement acceptera "d'embryonner" . Mais test de grosses négatif 15 jours plus tard. Je me laisse 2 mois pour me remettre physiquement (ça m'épuise de cavaler d'un bout à l'autre de l'IDF gavée d'hormones), et zou, on repart gonflés à bloc pour la 2ème ICSI, avec une stimulation encore plus forte (je ne veux pas dire de betises mais je crois que c'est 300U). C'est le mois de juillet, il fait chaud, je suis à ramasser à la petite cuillère, mais méga motivée. On me ponctionne 6 ovocytes, qui donnent 2 embryons, yeees, cette fois c'est sur, ça va marcher, on aura p'tet même des jumeaux, notre rêve! Ben non, test de grossesse négatif aussi. Tout ça pour ça...
- je n'arrive pas à me remettre de ces épreuves qui se sont soldées par autant d'échecs, ni physiquement ni émotionnellement. On part 15 jours au bout du monde sur des plages de rêve (mon grand kif perso) en amoureux pour se retrouver et récupérer. Ambiance paradis honeymooners, on choisit des hôtels sans enfant pour ne pas se prendre le bonheur des autres en pleine figure, et éviter que je me mette à sangloter dans mon cocktail en voyant un bambin faire des patés de sable devant mon transat. Bien que mes kilos PMA en trop me donnent l'impression d'être une baleine échouée, j'arrive à peu près à me détendre et je rentre relativement sereine... mais sans aucune envie de repasser par une FIV, je veux toujours nos mini princes et princesses mais je bloque complètement à l'idée de me retaper le chemin de croix de la FIV, et surtout de devoir gérer un nouvel échec.
- du coup on s'autorise une pause, le temps que l'envie et la niak reviennent, tout en réfléchissant à d'autres pistes pour nos minis : le don d'ovocyte et l'adoption. Mais on n'est pas en phase sur le sujet. Et l'envie de la niak de FIV m'ont désertée. Donc on se dit qu'on restera tous les 2 et qu'on ne va pas se détruire la santé, le moral et notre amour si fort avec tout ça. Notre vie à 2 nous plait beaucoup telle qu'elle est et ça nous va TB de la conserver telle quelle. Voilà c'est acté, et c'était en début d'année. Au départ, j'étais très soulagée, comme si on m'enlevait un poids : ouf, je ne referais plus jamais ça, je ne devrais pas être rentrée chez moi ts les soirs à heure fixe pour la piqure, je ne me leverai plus ts les jours à 4h30 du mat' pour être à 7h à l'hôpital pour les controles, je n'aurais plus des malaises et bouffées de chaleur dus aux hormones, je ne mettrai plus a vie en suspens à un hypothétique bébé que tout le monde autour de moi conçoit hyyyyper facilement, je n'aurais plus cette sensation de vacuité et d'inutilité, de ratée complète de ne pas arriver à enfanter, ce que font toutes les mammifères sans y penser... j'aurai enfin une vide de DINK assumée, je pourrai me faire plaisir sans économiser pour les études des enfants, ne pas être obligée de partir en WE à centerparcs au milieu de nains braillards mal élevés (si ce sont les mêmes que ceux qu'on a croisés à Thoiry un dimanche d'avril...)
OUI mais alors... pourquoi cette sensation de soulagement n'a duré que qq semaines? Pourquoi j'ai du mal à retenir mes larmes quand je vois un bébé? Pourquoi je pleure toute la soirée après que ma nièce de 3 ans m'ai baragouiné 3 mots au téléphone? Pourquoi j'ai eu tellement de peine quand ma sœur plus jeune que moi de 6 ans m'a nnoncé qu'elle attendait son 2ème? Pourquoi je me dis que le prince charmant va se lasser de cette vie, et va vouloir des mini princes tôt ou tard, et les fera sans moi? Il m'assure du contraire et je le crois sincère, mais si moi le manque d'enfant me fait autant souffrir, je me dis que ça va le rattraper un jour aussi... Je n'ai plus de goût à rien, plus rien de ce que j'aimais ne me fait plaisir, les voyages au bout du monde sont devenus quasiment une corvée, je n'ai qu'une envie, rester sur mon canapé avec mes 2 gros chats à attendre que ça passe, mais ça ne passe pas. Je deviens flippée pour un rien, je fais des crises de claustrophobies, une horreur. Je n'ai pas le sursaut pour reprendre le contrôle de tout ça, je ne suis plus que l'ombre de moi-même, je ne me reconnais pas, et j'ai peur de ne plus redevenir la fille fraiche, enjouée et super optimiste que j'étais.
Est-ce que vous aussi, ça vous arrive? Comment gérez-vous tout cela ?
Je rêve d'en parler et d'échanger avec qqu'un d'autre qu'à un psy, juste des gens comme moi...
A bientôt j'espère
Sansan