Fiona veut ses bébés Shrek
Posté : 12 juil. 2017 à 15:37
Bonjour,
Je suis nouvelle sur le forum même si, en réalité, je lis beaucoup de témoignages depuis des mois et des mois.
Mon histoire à moi, c'est celle de deux amoureux qui se sont rencontrés à 17 ans... pour ne plus se quitter, malgré les difficultés. On a tous les deux 33 ans aujourd'hui.
On a surpassé la distance d'abord. On a passé plusieurs années à des kilomètres l'un de l'autre, soit pour les études, soit pour le travail. Mais on n'a jamais pensé à se séparer. Faits l'un pour l'autre, quoi qu'il arrive. Et toute la vie devant nous.
On a vaincu la maladie ensuite. En 2012, mon amoureux a eu un cancer du testicule. Conservation de sperme, ablation, chimiothérapie... Heureusement, la chose a été prise avant que ça ne dégénère et en quelques mois, on était passés à autre chose. Je suis même rentrée de l'autre bout de la France pour le rejoindre définitivement parce que les avions et les trains pour se voir le WE, c'était relou.
Depuis 2012, on vivait heureux et on avait même ce projet fou d'avoir une famille. Moi j'imaginais 4 enfants, lui 2... on s'était dit qu'on en ferait peut-être 3 au final. Insouciants... On a changé d'appart, trouvé celui avec "une pièce en plus" et on s'est lancés, doucement, en novembre 2015. Sans forcément calculer... On rigolait même de nos "petits poissons au congél" dont on n'aurait sans doute pas besoin finalement. Mais j'ai commencé à trouver un peu le temps long.
Et en octobre 2016, deuxième cancer. Je vous la fais courte parce que les médecins nous ont annoncé des mauvaises nouvelles, puis des bonnes, puis des mauvaises... Montagnes russes en continu. Toujours est-il qu'on a remis quelques paillettes au CECOS et que désormais, nous n'avons plus que ça comme réserves. Mais bon, tout va bien, après une deuxième ablation, il a échappé à la chiomio cette fois-ci.
Et puis on a affronté le vilain monde de la PMA.
- En janvier, motivés comme jamais et pleins d'espoir. RDV à l'hôpital américain de Neuilly dont on m'avait dit le plus grand bien. Première claque : le problème ce n'est pas Monsieur, c'est vous Madame, avec vos kilos en trop... Revenez me voir plus tard. En attendant faites ces examens. Grosse crise de larmes. Ca commence bien. Mais décision immédiate, je dois perdre 20 kg mini.
- Deux semaines après, écho avec décompte folliculaire. J'y vais détendue. Après tout, ce n'est rien de compliqué. A la tête du médecin, je comprends quand même qu'il y a un souci. Quatre follicules d'un côté, zéro de l'autre. "Je transmets les résultats à votre gynéco". Point. Recherches sur internet pour comprendre, je sens que ça ne va pas être simple. Quelques jours plus tard, soupçons confirmés : AMH quasi nulle. Ménopause précoce ou ovaires pourris, comme vous voulez. Le souci vient bien de moi aussi...
- En février, retour à Neuilly chez le médecin qui ne me regarde pas une seule fois dans les yeux. Me renvoie direct à Cochin où sont stockées nos paillettes. Et bien le bonjour chez vous... Désespoir !!
- En avril, découverte de Cochin et de son chef de service. Qui me dit littéralement qu'il n'y a pas d'espoir pour moi en dehors d'inséminations sur cycle naturel. Et que bon, vu mon IO et mon poids, faut pas rêver. Larmes, désespoir, rage.
- En mai, on fait le bilan avec le Cecos. Aucune paillette valable pour une insémination. Elles ne sont compatibles qu'avec une FIV ICSI. Et donc moi, je ne suis pas compatible avec elles... Voilà, 15 ans ensemble et on nous dit qu'on n'est pas compatibles. Envie de mourir, littéralement. Mais la médecin du Cecos m'a donné un espoir fou. "Quatre follicules sans traitement, ce n'est pas zéro, ça peut marcher, il faut le tenter. La gynéco vous aidera"
- En juin, nouveau rendez-vous à Cochin avec une autre gynéco qui ferme tout de suite la porte, après avoir lu mon poids et mon taux d'AMH. "La PMA ne fait pas de miracle, vous savez..." Je me suis effondrée en larmes, lui ai raconté les précédents RDV, les précédents médecins incapables même de me dire que je souffrais d'insuffisance ovarienne (aucun n'a employé le terme), le souci des paillettes incompatibles avec mes ovaires pourris, mes 13kg perdus en 5 mois pour faciliter le traitement... A ce détail-là, elle a dû piger ma détermination. Finalement, elle me laisse ma chance et prévoit une FIV pour septembre.
Depuis, j'alterne les phases d'excitation totale en me disant que ça marchera forcément et les phases de désespoir quand je lis les témoignages de personnes dont le dossier semble beaucoup moins compliqué et pour qui rien ne marche.
Et puis, je rêve. Je rêve même de jumeaux en ce moment.
Et surtout, j'angoisse à l'idée du traitement, de ses effets secondaires, de la manière dont je vais pouvoir gérer ça avec le boulot (où je passe environ 50h par semaine) et sur la façon dont je vais encaisser en cas d'échec.
Depuis janvier et nos premiers pas en PMA, j'ai l'impression d'avoir vieilli de 15 ans, d'être passée du stade "adolescente insouciante" à celui de "ménopausée frustrée", avec 16kg et deux tailles de pantalon en moins (le seul aspect positif). Et je hais toutes mes copines qui annoncent des grossesses, des naissances, des 2es naissances... J'essaie juste de me soigner un peu.
voilà pour la présentation et désolée pour la longueur.
Je suis nouvelle sur le forum même si, en réalité, je lis beaucoup de témoignages depuis des mois et des mois.
Mon histoire à moi, c'est celle de deux amoureux qui se sont rencontrés à 17 ans... pour ne plus se quitter, malgré les difficultés. On a tous les deux 33 ans aujourd'hui.
On a surpassé la distance d'abord. On a passé plusieurs années à des kilomètres l'un de l'autre, soit pour les études, soit pour le travail. Mais on n'a jamais pensé à se séparer. Faits l'un pour l'autre, quoi qu'il arrive. Et toute la vie devant nous.
On a vaincu la maladie ensuite. En 2012, mon amoureux a eu un cancer du testicule. Conservation de sperme, ablation, chimiothérapie... Heureusement, la chose a été prise avant que ça ne dégénère et en quelques mois, on était passés à autre chose. Je suis même rentrée de l'autre bout de la France pour le rejoindre définitivement parce que les avions et les trains pour se voir le WE, c'était relou.
Depuis 2012, on vivait heureux et on avait même ce projet fou d'avoir une famille. Moi j'imaginais 4 enfants, lui 2... on s'était dit qu'on en ferait peut-être 3 au final. Insouciants... On a changé d'appart, trouvé celui avec "une pièce en plus" et on s'est lancés, doucement, en novembre 2015. Sans forcément calculer... On rigolait même de nos "petits poissons au congél" dont on n'aurait sans doute pas besoin finalement. Mais j'ai commencé à trouver un peu le temps long.
Et en octobre 2016, deuxième cancer. Je vous la fais courte parce que les médecins nous ont annoncé des mauvaises nouvelles, puis des bonnes, puis des mauvaises... Montagnes russes en continu. Toujours est-il qu'on a remis quelques paillettes au CECOS et que désormais, nous n'avons plus que ça comme réserves. Mais bon, tout va bien, après une deuxième ablation, il a échappé à la chiomio cette fois-ci.
Et puis on a affronté le vilain monde de la PMA.
- En janvier, motivés comme jamais et pleins d'espoir. RDV à l'hôpital américain de Neuilly dont on m'avait dit le plus grand bien. Première claque : le problème ce n'est pas Monsieur, c'est vous Madame, avec vos kilos en trop... Revenez me voir plus tard. En attendant faites ces examens. Grosse crise de larmes. Ca commence bien. Mais décision immédiate, je dois perdre 20 kg mini.
- Deux semaines après, écho avec décompte folliculaire. J'y vais détendue. Après tout, ce n'est rien de compliqué. A la tête du médecin, je comprends quand même qu'il y a un souci. Quatre follicules d'un côté, zéro de l'autre. "Je transmets les résultats à votre gynéco". Point. Recherches sur internet pour comprendre, je sens que ça ne va pas être simple. Quelques jours plus tard, soupçons confirmés : AMH quasi nulle. Ménopause précoce ou ovaires pourris, comme vous voulez. Le souci vient bien de moi aussi...
- En février, retour à Neuilly chez le médecin qui ne me regarde pas une seule fois dans les yeux. Me renvoie direct à Cochin où sont stockées nos paillettes. Et bien le bonjour chez vous... Désespoir !!
- En avril, découverte de Cochin et de son chef de service. Qui me dit littéralement qu'il n'y a pas d'espoir pour moi en dehors d'inséminations sur cycle naturel. Et que bon, vu mon IO et mon poids, faut pas rêver. Larmes, désespoir, rage.
- En mai, on fait le bilan avec le Cecos. Aucune paillette valable pour une insémination. Elles ne sont compatibles qu'avec une FIV ICSI. Et donc moi, je ne suis pas compatible avec elles... Voilà, 15 ans ensemble et on nous dit qu'on n'est pas compatibles. Envie de mourir, littéralement. Mais la médecin du Cecos m'a donné un espoir fou. "Quatre follicules sans traitement, ce n'est pas zéro, ça peut marcher, il faut le tenter. La gynéco vous aidera"
- En juin, nouveau rendez-vous à Cochin avec une autre gynéco qui ferme tout de suite la porte, après avoir lu mon poids et mon taux d'AMH. "La PMA ne fait pas de miracle, vous savez..." Je me suis effondrée en larmes, lui ai raconté les précédents RDV, les précédents médecins incapables même de me dire que je souffrais d'insuffisance ovarienne (aucun n'a employé le terme), le souci des paillettes incompatibles avec mes ovaires pourris, mes 13kg perdus en 5 mois pour faciliter le traitement... A ce détail-là, elle a dû piger ma détermination. Finalement, elle me laisse ma chance et prévoit une FIV pour septembre.
Depuis, j'alterne les phases d'excitation totale en me disant que ça marchera forcément et les phases de désespoir quand je lis les témoignages de personnes dont le dossier semble beaucoup moins compliqué et pour qui rien ne marche.
Et puis, je rêve. Je rêve même de jumeaux en ce moment.
Et surtout, j'angoisse à l'idée du traitement, de ses effets secondaires, de la manière dont je vais pouvoir gérer ça avec le boulot (où je passe environ 50h par semaine) et sur la façon dont je vais encaisser en cas d'échec.
Depuis janvier et nos premiers pas en PMA, j'ai l'impression d'avoir vieilli de 15 ans, d'être passée du stade "adolescente insouciante" à celui de "ménopausée frustrée", avec 16kg et deux tailles de pantalon en moins (le seul aspect positif). Et je hais toutes mes copines qui annoncent des grossesses, des naissances, des 2es naissances... J'essaie juste de me soigner un peu.
voilà pour la présentation et désolée pour la longueur.