Sergent Martie au rapport !!
Je suis allée à la réunion d'information hier, et comme promis voici mon retour d'expérience (désolée ça risque d'être long) .
Tu en a déjà dit beaucoup Nat, et les informations que nous avons reçues vont dans le même sens (heureusement !) . Mais j'ai aussi pu poser des questions suite à nos premiers échanges sur ce sujet.
Nous avons assisté à la réunion du CG06 (alpes maritimes). Ce sont deux après midis, un pour les infos générales, l'autre pour échanger en petits groupes de manière plus interactive. Comme toi j'ai trouvé cette réunion très bien faite, mais également refroidissante , bien que j'étais préparée à cette douche froide. Il y avait environ 30 personnes, beaucoup de couples, quelques célibataires hommes comme femme. Des gens qui avaient déjà adopté, beaucoup de premières candidatures. Moyenne d'âge environ 40 ans, c'était assez homogène. 2 animatrices: une psychologue et une assistante sociale.
Après une présentation de leurs missions au service de l'enfance, une définition de l'adoption (simple, plénière, ...), est rappelé plusieurs fois le but des adoptions: donner une famille à des enfants qui n'en ont pas. C'est l’intérêt de l'enfant qui comptera avant tout. Il y a aussi un point fait sur les relations diplomatiques entre les pays, les contextes géopolitiques parfois tendus , la convention de la Haye, les adoptions intra-pays qui sont privilégiées et donc cela explique qu'il y ait de moins en moins d'enfants. Elle a dit d'emblée: "Monsieur et Madame qui adoptent au bout de 3 ans de démarches un bébé vietnamien de 3 mois en parfaite santé, vous oubliez: ce n'est plus la réalité". Bam !
J'ai posé la question des critères d'attribution des enfants selon les conseils généraux: Elles ont dit de ne pas faire l'amalgame entre l'attribution de l'agrément (28 ans ou 2 ans de mariage, mêmes conditions partout en France) et l'attribution d'enfants français pupilles de l'état. Ce sont des enfants nés dans ton département dont les mères les ont remis au conseil général et qui sont déclarés orphelins. Il y en a eu 15 l'année dernière dans le 06. Là, les conseils généraux, à l'occasion de "conseils de famille", vont apparier des parents et des enfants. Comme il y a beaucoup de demandes ils peuvent ajouter des critères. Dans les Alpes maritimes il n'y a pas de critères figés mais ils privilégieront les gens qui ont des demandes "larges, sans critères d'enfant restrictifs, et en capacité d'accueillir des enfants à besoin spécifique". Pour l'âge, ils "n'attribueront pas un nourrisson à un couple de 50 ans, par souci de cohérence". Donc plus le couple est âgé, plus il doit demander des enfants âgés s'il veut avoir une chance. Un couple a été effrayé dans l'assemblée et a demandé si à 47 ans d'âge en moyenne, ils étaient considérés comme vieux. La réponse a été oui, à partir de 42 ans, et qu'il était plus réaliste de demander des enfants dépassant 3 ans.
Donc ce que je retiens de cette réunion, c'est qu'il faut commencer les démarches le plus tôt possible, ne pas attendre à mon avis d'avoir 45 ans pour envisager l'adoption, sinon on risque de se retrouver sans enfants du tout. Ce qui a été répondu a ce couple n'est que la triste réalité, mais oh combien cruelle.
Le refus d'agrément est très rare dans le 06. Elles précisent que "c'est la partie la plus facile. Ensuite il faudra postuler auprès des agences d'adoption, qui représenteront notre dossier auprès d'un pays, et comme ils sont submergés de dossiers, ils en refusent beaucoup". Les raisons d'un refus d'agrément peuvent être une incapacité des candidats à se détacher de leur enfant idéal "et dans ce cas ils ne seront que déçus par l'être humain qu'ils auront en face d'eux", une volonté ou une incapacité de prendre en compte le vécu de l'enfant adopté car "si on nie d'où il vient , son histoire soit-elle la plus horrible, on se ment à soi même et c'est dangereux pour l'enfant". Le binôme qui fera les enquêtes sociales émettra ses remarques, ses réserves, ses pistes de réflexion avant la rédaction du rapport. Elles disent que c'est normal de partir de loin dans les idéaux et ensuite d'évoluer. C'est cette incapacité à évoluer qui déclenchera leur avis défavorable.
D'ailleurs imaginons qu'on ait un agrément avec avis favorable, mais que nos critères évoluent après, par exemple qu'on ne veuille pas dans un premier temps adopter des enfants au delà de 6 ans et qu'ensuite on accepte. On demande au conseil général de réactualiser notre agrément. Car sinon on risque de ne pas trouver d'agence qui nous représente.
Les besoins spécifiques sont :
- l'âge
- le handicap physique et/ou mental
- une histoire complexe et stigmatisante qui fait que personne n'en veut
- les problèmes de santé (à divers degrés)
et +/- de grandes fratries
Voilà. Maintenant les chiffres:
Dans les alpes maritimes l'année dernière il y a eu 25 adoptions sur un total de 369 candidats (= 369 agréments).
Suite à cela mon mari est très impressionné, il ne veut pas se lancer dans la démarche et préfère ne pas avoir d'enfant du tout qu'un enfant malade, ce que je peux comprendre. Il veut quand même assister à la prochaine réunion et se laisser plus de temps pour réfléchir.
De mon coté c'est le nombre de candidats qui se retrouveront sans rien qui m'impressionne. Ça se bouscule dans ma tête. J'ai toujours voulu d'une famille avec plus d'un enfant, mais si ma grossesse a la chance de tenir je serai déjà comblée de bonheur. Et à ce moment là ne faut il pas savoir accepter ce que l'on a et laisser à des couples sans enfants du tout plus de chances ? Évidemment, il faut que mon bébé s'accroche. Le pire serait de ne pas se lancer dans les démarches et de faire une fausse couche. Puis de perdre du temps et de se retrouver comme ce couple à presque 50 ans qui se rend compte qu'il faut faire une croix sur un enfant jeune en bonne santé. On va se laisser un peu de temps et la 2ème réunion pour réfléchir.
C'est très long, mais je n'ai pas tout marqué. Si vous avez des questions n'hésitez pas.