Deux médecins d’amiens ont signé le manifeste pro pma

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Deux médecins d’amiens ont signé le manifeste pro pma

Message non lu par Admin » 22 mars 2016 à 07:19

http://www.courrier-picard.fr/region/de ... 0b0n745828

Deux médecins d’Amiens ont signé dans « Le Monde » un manifeste pour l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de lesbiennes.

Jeudi 17 mars, 130 professionnels français signaient un manifeste dans le journal Le Monde. Ils réclamaient l’ouverture aux femmes seules et aux couples de femmes homosexuelles de la loi sur la procréation médicalement assistée (PMA). Deux praticiens picards se sont associés à cette initiative : Bruno Camier, gynécologue-obstétricien à la clinique Pauchet d’Amiens et Moncef Benkhalifa, biologiste de la médecine reproductive au centre hospitalier d’Amiens. Dans cette lettre ouverte, ils demandent que cette promesse de campagne de François Hollande soit tenue et s’insurgent contre les « incohérences et les blocages » qu’ils rencontrent au quotidien.

Une promesse de campagne de François Hollande non-tenue

En Picardie, seuls trois établissements proposent l’assistance médicale à la procréation : la clinique Pauchet, le CHU d’Amiens et un établissement à Senlis. Au centre hospitalier d’Amiens, le biologiste Moncef Benkhalifa et son équipe font face à cette réalité tous les jours. « Il faut arrêter de se voiler la face. Ces femmes existent. Ces femmes seules, désespérées ou des couples homosexuelles en mal d’enfant ont droit à un enfant. Et comme j’ai à cœur de respecter la loi, je n’ai rien à leur proposer », reconnaît le biologiste.

Emmenés par le père du premier bébé-éprouvette René Frydman, certains signataires vont plus loin et prennent le risque de s’exposer à des poursuites judiciaires en reconnaissant avoir aidé des couples de lesbiennes à pratiquer la PMA. Pour Moncef Benkhalifa, « ce n’est rien qu’une provocation, histoire de faire prendre conscience des couacs de la législation française ». Faute de solution concrète à leur proposer, les signataires n’ont souvent d’autre option que de rediriger leurs patients vers l’étranger. La Belgique, l’Espagne, le Danemark sélectionnent les femmes sur des critères plus souples qu’en France. Les familles pratiquent alors le « tourisme médical », une technique coûteuse et donc réservée aux plus aisés.

Le praticien amiénois en est conscient : « Continuer d’interdire la PMA à certaines femmes, c’est fermer les yeux. Je préférerais que cette pratique soit encadrée plutôt que de devoir faire face à des drames familiaux et des complications médicales comme c’est souvent le cas. »
Selon lui, les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont alarmants et « laissent à penser que la fertilité mondiale est en berne, en raison du recul de l’âge de la procréation et du changement de style de vie en général. Alors quand une femme a tous les outils pour faire un enfant, je ne vois pas pourquoi je ne le lui refuserais. »

Fierté des collègues

Dans les couloirs de l’hôpital comme dans ceux de la clinique, l’initiative plaît.

Les équipes médicales qui sont en contact permanent avec des patientes concernées se disent fières des deux médecins amiénois : « J’éprouve une sincère fierté, se réjouit une secrétaire médicale de la clinique Pauchet. J’ai encore davantage de respect pour mon service. »

Rosalie Cabry, gynécologue-obstétricienne au CHU d’Amiens, est elle-même confrontée au problème quotidiennement et partage donc la position de ses collègues : « Ici nous avons entre 100 et 120 demandes d’ovocytes par an, contre uniquement vingt dons effectifs. Imaginez ! Les délais d’attente peuvent aller de deux à quatre ans, c’est bien trop long. Les délais ne sont que de trois semaines à l’étranger. »

Un état de fait également pointé du doigt par l’Agence de la biomédecine, qui préconisait une harmonisation de la loi à échelle européenne dans un récent rapport.

Malgré tout, les récentes déclarations de la ministre picarde Laurence Rossignol rendent improbables un changement de cap du gouvernement. Les affrontements de mai 2013 à l’occasion de la loi sur le mariage pour tous sont encore dans toutes les têtes.
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