Témoignage PMA AMH faible 34 ans - FIV TEF J2 : 1ère tentative réussie
Posté : 18 août 2024 à 20:48
Bonjour,
J'écris ce témoignage aujourd'hui pour celles qui, comme moi au début, en situation d'essais naturels infructueux depuis longtemps, ont parcouru le net de long en large pour en savoir plus sur la PMA.
On lit beaucoup de parcours longs et difficiles, et on prie pour ne pas être dans ce cas-là car on doute de pouvoir tenir la longueur émotionnellement, surtout quand le temps passe vite.
Et quand on lit des parcours "simples", on ose à peine avoir espoir d'être dans ce cas-là.
J'espère que ce témoignage pourra donner un peu d'espoir à celles qui ont le même profil que le miens.
Je suis à 3 mois de grossesse (15 SA+3 / 13 SG+4), tout peut encore basculer, on ne sait jamais, mais je me dis qu'on peut considérer que la FIV au moins est réussie.
Préambule HS
Déjà, la première chose est que je regrette de ne pas m'être posé la question de l'infertilité au bout d'un an d'essais en échecs. Je me disais que ça prenait juste un peu plus de temps, et qu'on ne s'y prenait peut-être pas bien. Sauf qu'à 33 ans, puis 34, puis 35 ans, le temps passe vite et de plus en plus vite. Il m'a fallu un déclic déclenché à la suite de plusieurs événements dans mon entourage, au bout de 2 ans. Entre le premier RDV et le début du protocole, il s'est passé 6 mois. Celà aurait pu être plus rapide si on ne m'avait pas découvert un kyste qui a nécessité une de faire IRM (2 mois de délais pour un RDV).
Je me souviens avoir eu des cours sur en SVT sur la reproduction et un cours spécifique sur l'éducation sexuelle, on nous a sûrement parlé rapidement de la ménopause. Je ne me souviens pas néanmoins que l'on ait parlé de la réserve ovarienne des femmes, dont l'évolution peut varier d'une femme à une autre, de la fertilité qui diminue avec l'âge et des difficultés que ça peut engendrer.
Je ne sais pas comment sont les cours d'aujourd'hui, mais les femmes ayant des enfants de plus en plus tard et avec la natalité qui baisse, je trouve important d'éduquer filles et garçons sur ce point dès le plus jeune âge, sans inciter à quoique ce soit (chacun ses choix de vie), mais parce que personnellement si j'avais été informée, j'aurais peut-être agis différemment.
Mon cas : les hormones
Allons-y pour les chiffres des examens de diagnostic, car c'est important de pouvoir se comparer.
A savoir que du côté de mon conjoint : rien à signaler tout va très bien.
Echo CFA (comptage des follicules antraux) : quelque chose comme 4 follicules sur ovaire gauche et 5 sur le droit. On ne peut pas dire que ce soit un bon résultat.
Sulfate de DHEA
:
- 163,0 μg/dL / Valeurs de référence : 60,9−337,0
- 4,42 μmol/L / Valeurs de référence : 1,65−9,15
T.S.H
:
- 1,36 mUI/L / Valeurs de référence : 0,27−4,20
F.S.H
:
- 9,9 UI/L / Valeurs de référence Phase folliculaire 3.5 - 12.5
L.H.
:
- 4,3 UI/L / Valeurs de référence Phase folliculaire 2.4 - 12.6
Estradiol
:
- 28 pg/mL / Valeurs de référence Phase folliculaire 27 − 156
- 103 pmol/L / Valeurs de référence Phase folliculaire 98 − 571
Testostérone
:
- 0,05 ng/ml / Valeurs de référence 0,08−0,48
Progestérone
:
- 0,14 ng/mL / Valeurs de référence 0,4 nmol/L
Prolactine
:
- 19,4 ng/mL / Valeurs de référence 4,8−23,3
HORMONE ANTI-MULLERIENNE (AMH)
:
- 4,9 pmol/l / Valeurs de référence N : 14 à 48 pmol/l
- 0,7 ng/ml / Valeurs de référence N : 2,0 à 6,8 ng/ml
DELTA 4-ANDROSTENEDIONE
(de justesse!):
- 1,7 nmol/l / Valeurs de référence N : 1,7 à 4,6
- 0,5 ng/ml / Valeurs de référence N : 0,5 à 1,3
17 ALPHA HYDROXY-PROGESTERONE
:
- 1,4 nmol/l / Valeurs de référence Phase folliculaire : 0,6 à 2,4 nmol/l
Au final c'est ma réserve ovarienne qui est faible.
On m'a ainsi dirigée vers une FIV directement, probablement aussi suivant la durée des essais de 2 ans.
On m'a avertie que je ne réagirais peut-être pas aux traitements de stimulation.
3 autres points à considérer :
- A l'hystérosalpingographie, la trompe droite semble obstruée.
- A l'intérieur du même ovaire de la trompe obstruée, j'ai un kyste dermoïde de 2cm
- Je ne sais pas comment le dire autrement : j'aurais un problème de "tuyauterie", je ne sais pas lequel exactement (utérus rétroversé ou rétroflexé, en tous cas ça va vers l'arrière), découvert lors du transfert de l'embryon qui a été compliqué.
- Aucune contraception dans ma vie sauf préservatif
Mon cas : le protocole de FIV antagoniste
- Provames (estrogènes) : 1 comprimé matin et soir de à partir d'environ 3 jours avant les règles et 1 jour après (prise plus courte que prévu)
- A partir du premier jour des règles et pendant 5 jours : Rekovelle (follitropine) 12 microgrammes + Fertistartkit (gonadotrophine) 300 u
- Prise de sang au bout de 5 jours : LH : 4,3 UI/l --- Estradiol : 152 pg/mL (558 pmol/L) --- Progestérone : 0,3 ng/mL (1 nmol/L)
- Echographie au bout de 5 jours : 3 follicules de 8, 10 et 11 cm
- A partir du 6ème jour et pendant 5 jours (= jusqu'au 10ème jour) : Rekovelle (follitropine) 12 microgrammes + Fertistartkit (gonadotrophine) 300 u + Orgalutran (antagoniste) 1 seringue 0,25 / 0,5
- Prise de sang le 7ème jour de la stimulation : LH : 3,1 UI/l --- Estradiol : 395 pg/mL (1450 pmol/L) --- Progestérone : 0,3 ng/mL (1 nmol/L)
- Echographie le 7ème jour de la stimulation : 3 follicules de 12, 13 et 14 cm
- Prise de sang le 11ème jour de la stimulation : LH : 4 UI/l --- Estradiol : 821 pg/mL (3013 pmol/L) --- Progestérone : 0,7 ng/mL (2,2 nmol/L)
- Echographie le 11ème jour de la stimulation : 3 follicules de 18, 19, 20 ou 14, 14, 19 et 20 (difficile à dire - probablement 14, 14, 19 et 20 vu le résultat de la ponction)
- Le 11ème jour de la stimulation : arrêt Rekovelle / Fertistartkit / Orgalutran. Déclenchement ovluation avec Ovitrelle (250) et Décapeptyl (2 flacons)
- Le 12ème jour : RIEN, on profite de la soirée sans piqûre ! Des vacances avant la ponction.
- Le 13ème jour : la ponction, sous anesthésie générale pour les peureuses comme moi. 2 ovocytes ont été récoltés. On commence la progestérone voie vaginale : 200mg matin et 100mg le soir. A savoir que je m'étais trompée au début je prenais 100 le matin et 100 le soir pendant 11 jours... comme quoi, parfois une erreur n'empêche pas la réussite.
- Le 15ème jour après début des règles : transfert d'un embryon frais à J2, 4 cellules
- Prise de sang Beta HCG 14 jours après le transfert : positif !
129 UI/l Augmentation de la progestérone à 300mg le matin et 300mg le soir
- Deuxième prise de sang beta HCG 16 jours après : 362 UI/l (180 %)
J'ai continué la progestérone en diminuant progressivement les doses jusqu'à 12 SA.
Aujourd'hui tout va bien, nous avons réalisé peu à peu que ça avait fonctionné. Au vu des probabilités de fausses couches dans les premières semaines de grossesse, on attendait sans oser y croire et puis nous avons commencé à nous projeter au fur et à mesure que tout se passait bien et surtout à partir de l'écho du premier trimestre qui est magique.
Avec ces difficultés, je me suis promis d'en parler à mon enfant ou mes enfants, si enfant il y a bien, lorsque le temps viendra car chacun devrait pouvoir faire ses choix de vie en connaissance de cause.
J'espère que ce témoignage pourra aider celles qui cherchent à comparer leur situation et leur protocole ; et les rassurer un peu sur leurs chances de réussite.
Bon courage à toutes.
J'écris ce témoignage aujourd'hui pour celles qui, comme moi au début, en situation d'essais naturels infructueux depuis longtemps, ont parcouru le net de long en large pour en savoir plus sur la PMA.
On lit beaucoup de parcours longs et difficiles, et on prie pour ne pas être dans ce cas-là car on doute de pouvoir tenir la longueur émotionnellement, surtout quand le temps passe vite.
Et quand on lit des parcours "simples", on ose à peine avoir espoir d'être dans ce cas-là.
J'espère que ce témoignage pourra donner un peu d'espoir à celles qui ont le même profil que le miens.
Je suis à 3 mois de grossesse (15 SA+3 / 13 SG+4), tout peut encore basculer, on ne sait jamais, mais je me dis qu'on peut considérer que la FIV au moins est réussie.
Préambule HS
Déjà, la première chose est que je regrette de ne pas m'être posé la question de l'infertilité au bout d'un an d'essais en échecs. Je me disais que ça prenait juste un peu plus de temps, et qu'on ne s'y prenait peut-être pas bien. Sauf qu'à 33 ans, puis 34, puis 35 ans, le temps passe vite et de plus en plus vite. Il m'a fallu un déclic déclenché à la suite de plusieurs événements dans mon entourage, au bout de 2 ans. Entre le premier RDV et le début du protocole, il s'est passé 6 mois. Celà aurait pu être plus rapide si on ne m'avait pas découvert un kyste qui a nécessité une de faire IRM (2 mois de délais pour un RDV).
Je me souviens avoir eu des cours sur en SVT sur la reproduction et un cours spécifique sur l'éducation sexuelle, on nous a sûrement parlé rapidement de la ménopause. Je ne me souviens pas néanmoins que l'on ait parlé de la réserve ovarienne des femmes, dont l'évolution peut varier d'une femme à une autre, de la fertilité qui diminue avec l'âge et des difficultés que ça peut engendrer.
Je ne sais pas comment sont les cours d'aujourd'hui, mais les femmes ayant des enfants de plus en plus tard et avec la natalité qui baisse, je trouve important d'éduquer filles et garçons sur ce point dès le plus jeune âge, sans inciter à quoique ce soit (chacun ses choix de vie), mais parce que personnellement si j'avais été informée, j'aurais peut-être agis différemment.
Mon cas : les hormones
Allons-y pour les chiffres des examens de diagnostic, car c'est important de pouvoir se comparer.
A savoir que du côté de mon conjoint : rien à signaler tout va très bien.
Echo CFA (comptage des follicules antraux) : quelque chose comme 4 follicules sur ovaire gauche et 5 sur le droit. On ne peut pas dire que ce soit un bon résultat.
Sulfate de DHEA
- 163,0 μg/dL / Valeurs de référence : 60,9−337,0
- 4,42 μmol/L / Valeurs de référence : 1,65−9,15
T.S.H
- 1,36 mUI/L / Valeurs de référence : 0,27−4,20
F.S.H
- 9,9 UI/L / Valeurs de référence Phase folliculaire 3.5 - 12.5
L.H.
- 4,3 UI/L / Valeurs de référence Phase folliculaire 2.4 - 12.6
Estradiol
- 28 pg/mL / Valeurs de référence Phase folliculaire 27 − 156
- 103 pmol/L / Valeurs de référence Phase folliculaire 98 − 571
Testostérone
- 0,05 ng/ml / Valeurs de référence 0,08−0,48
Progestérone
- 0,14 ng/mL / Valeurs de référence 0,4 nmol/L
Prolactine
- 19,4 ng/mL / Valeurs de référence 4,8−23,3
HORMONE ANTI-MULLERIENNE (AMH)
- 4,9 pmol/l / Valeurs de référence N : 14 à 48 pmol/l
- 0,7 ng/ml / Valeurs de référence N : 2,0 à 6,8 ng/ml
DELTA 4-ANDROSTENEDIONE
- 1,7 nmol/l / Valeurs de référence N : 1,7 à 4,6
- 0,5 ng/ml / Valeurs de référence N : 0,5 à 1,3
17 ALPHA HYDROXY-PROGESTERONE
- 1,4 nmol/l / Valeurs de référence Phase folliculaire : 0,6 à 2,4 nmol/l
Au final c'est ma réserve ovarienne qui est faible.
On m'a ainsi dirigée vers une FIV directement, probablement aussi suivant la durée des essais de 2 ans.
On m'a avertie que je ne réagirais peut-être pas aux traitements de stimulation.
3 autres points à considérer :
- A l'hystérosalpingographie, la trompe droite semble obstruée.
- A l'intérieur du même ovaire de la trompe obstruée, j'ai un kyste dermoïde de 2cm
- Je ne sais pas comment le dire autrement : j'aurais un problème de "tuyauterie", je ne sais pas lequel exactement (utérus rétroversé ou rétroflexé, en tous cas ça va vers l'arrière), découvert lors du transfert de l'embryon qui a été compliqué.
- Aucune contraception dans ma vie sauf préservatif
Mon cas : le protocole de FIV antagoniste
- Provames (estrogènes) : 1 comprimé matin et soir de à partir d'environ 3 jours avant les règles et 1 jour après (prise plus courte que prévu)
- A partir du premier jour des règles et pendant 5 jours : Rekovelle (follitropine) 12 microgrammes + Fertistartkit (gonadotrophine) 300 u
- Prise de sang au bout de 5 jours : LH : 4,3 UI/l --- Estradiol : 152 pg/mL (558 pmol/L) --- Progestérone : 0,3 ng/mL (1 nmol/L)
- Echographie au bout de 5 jours : 3 follicules de 8, 10 et 11 cm
- A partir du 6ème jour et pendant 5 jours (= jusqu'au 10ème jour) : Rekovelle (follitropine) 12 microgrammes + Fertistartkit (gonadotrophine) 300 u + Orgalutran (antagoniste) 1 seringue 0,25 / 0,5
- Prise de sang le 7ème jour de la stimulation : LH : 3,1 UI/l --- Estradiol : 395 pg/mL (1450 pmol/L) --- Progestérone : 0,3 ng/mL (1 nmol/L)
- Echographie le 7ème jour de la stimulation : 3 follicules de 12, 13 et 14 cm
- Prise de sang le 11ème jour de la stimulation : LH : 4 UI/l --- Estradiol : 821 pg/mL (3013 pmol/L) --- Progestérone : 0,7 ng/mL (2,2 nmol/L)
- Echographie le 11ème jour de la stimulation : 3 follicules de 18, 19, 20 ou 14, 14, 19 et 20 (difficile à dire - probablement 14, 14, 19 et 20 vu le résultat de la ponction)
- Le 11ème jour de la stimulation : arrêt Rekovelle / Fertistartkit / Orgalutran. Déclenchement ovluation avec Ovitrelle (250) et Décapeptyl (2 flacons)
- Le 12ème jour : RIEN, on profite de la soirée sans piqûre ! Des vacances avant la ponction.
- Le 13ème jour : la ponction, sous anesthésie générale pour les peureuses comme moi. 2 ovocytes ont été récoltés. On commence la progestérone voie vaginale : 200mg matin et 100mg le soir. A savoir que je m'étais trompée au début je prenais 100 le matin et 100 le soir pendant 11 jours... comme quoi, parfois une erreur n'empêche pas la réussite.
- Le 15ème jour après début des règles : transfert d'un embryon frais à J2, 4 cellules
- Prise de sang Beta HCG 14 jours après le transfert : positif !
- Deuxième prise de sang beta HCG 16 jours après : 362 UI/l (180 %)
J'ai continué la progestérone en diminuant progressivement les doses jusqu'à 12 SA.
Aujourd'hui tout va bien, nous avons réalisé peu à peu que ça avait fonctionné. Au vu des probabilités de fausses couches dans les premières semaines de grossesse, on attendait sans oser y croire et puis nous avons commencé à nous projeter au fur et à mesure que tout se passait bien et surtout à partir de l'écho du premier trimestre qui est magique.
Avec ces difficultés, je me suis promis d'en parler à mon enfant ou mes enfants, si enfant il y a bien, lorsque le temps viendra car chacun devrait pouvoir faire ses choix de vie en connaissance de cause.
J'espère que ce témoignage pourra aider celles qui cherchent à comparer leur situation et leur protocole ; et les rassurer un peu sur leurs chances de réussite.
Bon courage à toutes.