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Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 18 oct. 2025 à 16:41
par Lauriette
Liz: ça va, merci de t'en inquiéter. Et vous? Et toi? Vous arrivez a mettre des mots sur votre douleur ?
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 18 oct. 2025 à 17:17
par Liz1626
On est chez ma belle mère depuis jeudi soir, qui prend énormément soin de nous
Mais par contre en discutant avec elle ce matin, elle m’a sortie un truc sans s’en rendre compte ou j’ai du mal à comprendre « ce n’est pas toi qui a le problème c’est A**** , toi tout vas bien, et tu as choisis de rester avec lui »
Oui enfin d’accord mais c’est pas pour autant que ma tristesse n’est pas légitime… je pense qu’elle a mal tournée la phrase.
J’ai l’impression que la douleur mental ne s’estompera jamais mais ça ne fait que 24h.
On se laisse du temps et on avisera d’ici quelque temps si le chemin du don est entendable ou pas…
Comment avez vous fait pour l’accepter Lauriette et Adela ? Enfin surtout votre conjoint ?
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 18 oct. 2025 à 23:09
par Lauriette
Liz: je te confirme, ta belle mère a été maladroite! Bien souvent après une épreuve, on est beaucoup plus a son environnement et surtout au poids des mots...
Notre entourage est maladroite malgré elle.
Quand tu seras un peu plus apaisée et moins sensible, je pense qu'il faudrait avoir une discussion avec ta belle mère. Elle ne peut pas minimiser ta souffrance en utilisant le prétexte que tu sois avec son fils en sous entends que tu es là car tu le voulais bien.
Elle sous entend la"connaissance de cause"!? C'est trop facile.
On l'accepte pas vraiment, on vit avec... On communique énormément en assurant que l'autre va bien et est okey avec ça? Rien n'est figée.
Parfois tu as un coup de bleues et d'autres fois t'ypenses pas.
Tu passeras par plusieurs phases: la tristesse, la couleur, la peur, la honte...tu en voudras aux mondes mais c'est normal ...ça fait partie du processus
Je ne sais pas si ça peut t'aider mais moi je me dis que "la situation est comme ça, ce n'est pas de sa faute c'est génétique et il y peut rien . On y peut rien."
Je suis hyper reconnaissante d'avoir un homme aussi aiment et bienveillant donc avoir des enfants biologique ou non ,je sais que nous serons comblés car c'est une bonne personne.
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 09:34
par Adela17
LIZ: j'aurais de mon côté le même point de vue que Lauriette. Nous nous sommes dit : nous avons été au bout du processus, il ne pourra pas y avoir d'enfant biologique c'est un fait mais la question est de savoir est ce qu'on veut accueillir un enfant, agrandir la famille ou bien tout arrêter. Mon conjoint a vraiment envie de vivre de donner de l'amour a un enfant et c'est ce qui lui a permis d'avancer. Il me dit nous changeons de chemin dans le parcours mais le résultat sera la.
Le don nous redonne de l'espoir. Ce qui est juste difficile pour lui c'est de se dire qu'il n'y aura pas forcément de ressemblance mais il me dit aussi que ça évitera peut-être des pathologies de type trisomie car il est porteur de 3 chromosomes qui peuvent ce transmettre et ça lui faisait peur aussi.
J'espère que ça pourra t'aider... rester soudés surtout et il faut discuter de tous les points de vues.
La douleur s'estompe quand l'acceptation arrive même si la déception reste... c'est légitime.
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 11:18
par Liz1626
Merci les filles
Le don était une évidence pour moi quand on a démarrer le processus il y a presque 3 ans
Plus les mois sont passées plus c’était compliquée, du côté de mon conjoint c’était un non absolument et il a ouvert la porte petit à petit en disant qu’il étaie hors de question qu’il ne me fasse pas vivre cette maternité, pendant que moi je la fermais à double tour.
En juillet après une grosse discussion, nous avions convenu que si c’était négatif on ne voulait pas d’enfants à tout pris et à n’importe quel prix.
C’était acté dans nos tête, je veux un bébé DE lui et avec lui.
Maintenant que le moment fatidique est arrivé, nous nous sommes dit qu’on avait fermée la porte, mais que nous n’étions pas encore confronté réellement à la question.
On va se laisser du temps d’acceptation et voir si on est bien à deux ou si cette envie de bébé est encore là.
Seulement, quand j’y pense j’ai énormément de mal à me dire qu’il en sera pas de lui biologiquement.
De plus, mon conjoint m’a dit il y a quelque temps qu’il avait tout entamée parce qu il était avec moi, qu’il est égoïste et qu’il n’a pas honte de le dire mais que si il avait été seul, il aurait fait sa vie sans enfant sans problème.
Ma mère me dit que si on refuse complètement le don, il va falloir que j’accepte et que je comprennes que cette envie de maternité ne se réalisera pas sans en vouloir à tout le monde.
Mes idéaux tombent à l’eau, je sais que le chemin d’une vie n’est pas un long fleuve tranquille.
Mais du côté de mon conjoint après sa révélation ( juste au dessus ) je me demande si il va pas se conforter là dedans et moi avoir besoin d’être maman.
Ou peut être pas…
Ça fait extrêmement mal, j’ai l’impression d’être très fragile.
Ce qui nous « rebute » c’est que plusieurs professionnels nous ont dit qu’il fallait le dire à l’enfant, j’ai tellement la trouille de l’adolescence par la suite.
Je suis complètement perdu je vous avoue.
Il a des couples d’amis qui connaissent d’autres couples avec des enfants issu de don et il paraît que c’est fou la ressemblance de l’enfant…
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 11:36
par Adela17
De mon côté je suis d'accord pour le dire a l'enfant mais uniquement si le don est anonyme c'est important pour mon mari.
Apres pour mon mari la paternité est obligatoire il aime énormément les enfants et ne se voit pas sans donc en effet c'est aussi a ton conjoint de faire un choix en fonction. Il va falloir beaucoup discuter. Prennez le temps c'est important.

Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 11:44
par esperanza978
Coucou LIz,
Je te réponds ici car je ne peux pas t'envoyer de messages privés.
Peut-être que regarder (si ce n'est déjà fait) la question de l'épigénétique dans la grossesse avec don (simple, double ou adoption d'embryon) pourra t'éclairer sur la question de la ressemblance. Car tout ne vient pas des gamètes, l'expression ou l'inhibition d'un gène va dépendre de tout un tas de choses, durant la grossesse, puis durant la vie.
Concernant les révélations de ton conjoint, dans l'état actuel il vaut mieux ne pas t'accrocher mot à mot à ce qui est dit, car en lisant de l'extérieur, cela ne change pas le fait que sans toi il se serait passé d'enfant, qu'il s'était engagé dans ce parcours douloureux pour t'aider à vivre cette maternité. C'est une grande preuve d'amour, d'autant plus quand l'envie d'enfant n'est pas viscérale.
Néanmoins ce que t'as dit ta belle-mère est déplacé mais certainement pas par méchanceté, mais que ce type de considération est impossible pour quelqu'un qui ne le vit pas. Oui factuellement, c'est vrai, il est concerné par cette stérilité mais pas toi pour quelqu'un d'extérieur au monde de la PMA, mais tu es tout aussi impactée car c'est tout ton schéma de vie, tes projections et tes fondations qui sont mises à mal. Car l'amour et l'engagement envers ton conjoint conduit à ce que tu puisses renoncer à la maternité. Donc oui tu es tout aussi impactée, si ce n'est plus (désolée pour ton conjoint), car c'est toi qui portes ce désir de donner la vie, qui est confrontée à y renoncer ou à changer le chemin pour y accéder. Donc tout est une question de sensibilité et de capacité d'empathie pour ce parcours.
Par exemple, quand nous avons cru durant 6 mois que ce serait notre cas, nous avons convenu également du pas à tout prix. Mon conjoint refusait le don de sperme pour tout un tas de questions et de philosophie, après avoir longtemps réfléchi. Moi à contrario j'étais pour le DO et également contre le DS. Car je voulais un enfant de lui et avec lui, ce qui primait sur la transmission de mes gênes. Lui était plutôt contre le DO, car il ne désirait pas voir son ADN avec celui d'une autre femme. Nous étions donc plutôt sur l'accueil d'embryon ou le double don, ou l'adoption. Après prise de renseignements, l'adoption étant rendue quasi impossible aujourd'hui et plus douloureux que la pma, l'accueil d'embryon s'est trouvé le mieux adapté selon nous. Le double don permettrait d'encore plus renforcé ce côté don de cellules ( et choisir deux donneurs ressemblants), mais l'accueil nous parait plus naturel. Une égalité vis à vis de la transmission génétique, une "adoption" qui commence dès l'accroche dans l'utérus, donc bien plus simple qu'un enfant avec une histoire qui pourrait avoir un sentiment d'abandon. Le don d'embryon n'est pas un abandon car scientifiquement un embryon n'est pas un bébé, il a le potentiel de le devenir, mais n'est encore qu'un ensemble de cellules. Par rapport à le dire, il y a de très jolis témoignages sur youtube, notamment de couples qui sont allés en espagne, avec effectivement une ressemblance de comportement et mimiques frappantes avec les parents. Les comportements se construisent avec l'environnement. Nous avions convenu dans ce cas de dire à l'enfant que quelque chose était cassé dans le corps de maman et papa, et que des gentilles personnes avaient aider à nous réparer, comme pour le don de sang, de plaquettes etc... C'est un don de cellules, pas un abandon d'un enfant ( don simple ou autre), si le corps qui reçoit le don ne fait pas le travail le don ne donnera rien. C'est un coup de pouce (énorme) pour générer la vie, mais les cellules en elle-même ne sont rien sans corps fonctionnel pour les accueillir.
Le dire oui c'est important, mais surtout ramener à ce qu'est un don : un acte altruiste de don de cellules pour aider d'autres. Pour un don du sang, on ne dit jamais qu'on donne un bout de quelqu'un, et quand on en reçoit on remercie le donneur mais on se dit pas que c'est une quête spirituelle de savoir d'ou vient le sang.
J'espère n'avoir choquer personne, ni t'avoir bousculer, je trouve qu'on ne parle pas assez de ses réflexions personnelles. Loin de moi l'idée de dire que notre façon de voir les choses est la bonne, c'est la nôtre c'est tout... Et bien que nous ne sommes plus concernés (pour le moment) et j'espère ne plus l'être, j'aurais aimé comprendre comment le vive les autres.
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 11:47
par Kassiopée
En parcourant votre topic, je me permets d intervenir sur le don.
J ai eu une première relation longue pendant laquelle nous avons découvert l azoospermie de mon conjoint. Il ne voulait pas en parler, ne voulait pas entendre parler du don, etc etc. Nous nous sommes chacun enfermé dans notre douleur et cela a entraîné la fin de notre relation.
Quelques années plus tard, j ai rencontré mon conjoint actuel. Lui aussi stérile et ayant une fille adoptée. Il ne voulait plus d enfant pour de multiples raisons. Et à un moment, j ai compris que avec lui ou sans lui je me devais d essayer car moi je me voyais mère depuis toujours et malgré tout notre amour, si je n essayais pas je finirai pas lui en vouloir et m en vouloir. Il m a finalement suivi dans le processus. Et nous sommes aujourd'hui les parents comblés d une petite fille de 6 mois. Alors oui il faut renoncer à ses gènes mais quand j ai dû le faire je me suis demandée si c était mes gènes que je voulais transmettre ou autre chose. Et hier encore on se disait que pour rien au monde on ne voudrait une autre enfant que notre fille

. Elle "sait" son histoire et on lui en parle facilement et on continuera. Je sais que l adolescence peut être compliquée mais on l accompagnera dans son questionnement si il y en a un. De par mon histoire je sais aussi que les gènes ne font pas un père. Il n y a pas de réponse toute faite au questionnement du don, ni de bonne ou mauvaise réponse. Et je comprends que certains preferent ne pas avoir d enfant du tout.Le tout est qu au final on n ait pas de regrets. Bon courage à toutes dans vos parcours et surtout de la sérénité.
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 14:49
par Liz1626
Je ne connaissais pas cette histoire de d’epigenetique dans la grossesse, que ce n’était pas que les gamètes qui donnaient la ressemblance, j’avoue qu’étant du métier je ne me suis jamais posé la question, je voyais que le « médical »
D’ailleurs le double don n’est pas la même chose que l’accueil d’embryon ?
On est d’accord que le double don c’est DO / DS et accueil d’embryon c’est un embryon déjà à J5 ?
Je me renseignerais sur l’epigenetique.
Justement concernant les propos de mon conjoint, il y a deux points :
- Je ne veux pas t’empêcher d’être maman un jour ( ça c’était il y a environ 1 an )
- Je suis égoïste j’aurais passer ma vie sans enfants sans problème si on ne s’était pas connu ( c’était il y environ 3 mois )
- Et hier il m’a dit : je me serais bien vu parents quand même, je me disais quand j’étais seul « ça aurait été un beau projet avec elle »
Du coup, j’en arrive à un point où je me demande si à terme il reconsidéra la question du don, questionnement qu’il avait déjà entamé quand même pendant ces 2 ans, car il est très honnête là dessus, il est égoïste et il aime aussi pouvoir faire de qu’il veut quand il veut.
Du coup, peut être qu’il se contentera de ce que la vie lui a offert sans aller chercher plus loin.
Après ça fait tout juste 48h, on est pas apte à réfléchir à ce type de chemin. Et mon problème c’est que je ne sais pas faire au jour le jour mais il va falloir.
Au fond, je me dis que si le problème ne venait pas de lui mais de moi, je ne me serais jamais posée de question, car on serait partie du un DO direct, je me dis que même si c’est un don, je porte l’enfant c’est encore différent. Lui il ne le portera jamais, même si il est reconnu légalement comme père, vas t-il se sentir père ?..
Dans notre parcours comme vous Esperanza, je me suis posé la question sur le DO également, pour être à pied d’égalité, ainsi que l’adoption mais cette dernière entraîne trop « d’aléas » avec des enfants avec des blessures, il faut être prêt à les gérer, de plus égoïstement nous souhaitions une bébé de pas plus d’un an, ce qui est quasiment impossible, donc next pour cette option.
J’aime beaucoup cette façon d’expliquer le don, et je n’avais fait aucun lien avec le don du sang mais au fond c’est la même chose.
Ma mère m’a toujours dit que « les gènes on s’en contre fou - c’est un têtard congelé, il n’y a aucune conscience, son père ça sera A**** point »
Mais c’est plus compliqué que ça mentalement parlant; faut apprendre à faire le deuil du biologique.
En effet ce ne sont que des cellules et je pense qu’on se fait un monde autour de ça, car finalement le DS touche aussi la partie « virilité » de l’homme, certaines personnes sont encore dans le moyen âge concernant ce sujet.
Je sais que si cela arrive, nous passerons obligatoirement par l’Espagne, malheureusement la France en plus de son délai d’attente, ayant enlevé l’anonymat c’est pas possible pour nous, et pour beaucoup d’autres aussi à ce que je lis pour Adela
Lauriette aussi non ?
Et pour en revenir à ma belle mère, c’était pas méchant mais déplacé, je pense pas qu’elle se rende compte que de mon côté je fais « un sacrifice » en effet. En faite je pense que personne peut comprendre, car on me le dit ouvertement « il y a d’autres solution, si il ne veut pas tu as qu’à le quitter »
Ça ne fonctionne pas comme ça.. après si la vie fait qu’on se sépare ( pour tout autre chose bien sûr ) je sais que j’entamerais un parcours de PMA solo.
Merci Kassiopee pour ce témoignage !
Ça fait du bien de le lire également
Je pense que mon conjoint ne se rend pas compte du nombre d’homme infertile / stérile qui ont recours au DS.
Il faut du temps au temps, et voir si cette envie devient viscéral pour lui ou non.
Re: Azoospermie, sans tabou
Posté : 19 oct. 2025 à 16:12
par esperanza978
Coucou Liz,
https://www.ivf-spain.com/fr/actualites ... grossesse/. (c'est le centre ou je suis, je trouve qu'ils l'expliquent bien)
Double don : Donneurs qui ne se connaissent pas
Accueil d'embryon : Issus de couples qui avaient des surplus et qui ont fait le choix de donner (moins cher que le premier) Fertilité prouvée par des grossesses qui ont aboutit, pour nous qui étions ouverts à l'adoption, c'est une forme sans les bagages et effectivement permettant d'avoir dès le début de sa vie un enfant. En France quand nous avons entendu qu'il fallait arrêter de rêver vouloir un bébé de moins de 1 an sans maladie comment dire que ...
Par rapport à ce que dit ton conjoint, ça renvoie à la volonté de devenir père pour vivre la parentalité parce que tu es dans sa vie, ça n'enlève pas ni n'ajoute rien au fait que sans toi il n'aurait pas plus chercher, mais que c'est une aventure qu'il aimerait vivre avec toi. Ca laisse penser qu'il ne sera pas toujours fermé vu que c'est avant tout pour toi. Maintenant il n'est pas encore tant de prendre des décisions, mais je suis comme toi, l'envie d'agir. Ce n'est pas une mauvaise chose si pour te raccrocher et garder la tête hors de l'eau tu te renseignes.
C'est plus la symbolique souvent pour les hommes que le concret médical. Mon mari par exemple, pour sa virilité, la transmission de son patrimoine (symbolique) refusait le don de sperme. L'idée également de mélanger l'ADN avec celui de sa femme serait comme être cocu et élevé l'enfant d'un autre, d'être "une fin de lignée" juste bon à élever l'enfant d'un autre. Je partage ici pas pour avoir des jugements mais te partager ce qui peut se passer chez un homme confronté à cette idée. Pourtant mon mari à un désir d'enfant bien plus fort que moi (et avant de me connaître) et depuis son enfance. Moi mon désir est né avec ma rencontre avec lui.