Chères toutes,
Je reviens sur le forum après quelques mois de pause. De mon côté, notre "grossesse miracle" continue à bien se dérouler : ce sera une petite fille pour fin janvier 2025

:) @Kokoko je sais que de ton côté ce sera un petit garçon, félicitations!
Je n'ai plus en tête chacun des parcours des unes et des autres, mais j'ai eu beaucoup de peine en découvrant tes derniers messages @Nanie26 (j'imagine votre immense déception) et ton parcours difficile @Sakina. Je suis de tout coeur avec vous... Nat82 aussi je comprends tes inquiétudes avec le temps qui passe.
Ce que vous vivez me rappelle notre propre parcours, dont je vous remets quelques détails car parfois on est au fond du trou mais ça tourne bien et la vie déjoue les pronostics des médecins et les statistiques!
- En septembre 2022, après deux ans d'essais (IAC, FIV convertie en IAC, traitement expérimental qui avait coûté la peau des fesses en Espagne pour "rajeunir" les ovaires et juste après FIV interrompue faute de réponse ovarienne...), nous étions allés avec mon mari en Belgique pour tenter d'avoir des embryons avec des ovocytes que j'y avais fait congeler plus jeune, à 36 ans (ton âge Nanie26!). Il y en avait 7 ponctionnés en 2 fois. Le vendredi on fait le recueil puis le samedi matin, l'hôpital nous appelle en disant que sur les 7, il y en a 3 ou 4 de fécondés et qu'il faut qu'on réflechisse le week-end si on veut des jumeaux, pour un transfert prévu le mercredi. Là-dessus, on se réjouit beaucoup car après les échecs en France avec mes ovocytes de femme de 39, on voyait mes ovocytes belges comme notre dernière chance avant un éventuel don d'ovocytes; on fait du télétravail depuis Bruxelles lundi et mardi et mercredi matin, appel du labo : "bon ben c'est pas la peine de venir en Belgique, les embryons n'ont pas bien évolué, les deux qui restent "ne sont pas beaux" (je cite), ce sera pour une prochaine fois". Je suis abasourdie et lui réponds: "mais nous sommes en Belgique! Comment ça pas de transfert? Et quelle prochaine fois? C'était des ovocytes congelés depuis 3 ans et pour ainsi dire notre dernière chance!". On est restés sonnés pendant quelques minutes, puis mon mari m'a accusée de lui avoir caché ma mauvaise qualité ovarienne avant le mariage (qui avait en lieu en 2021), je ne vous raconte pas l'enfer de ce moment... Finalement on a réussi à se calmer un peu avec mon mari puis j'ai insisté auprès de l'hôpital pour que le transfert ait lieu malgré les statistiques pourries associées aux embryons : c'est mon ex-belle famille belge qui s'est occupée de moi 2 jours, m'a emmenée à l'hôpital faire le transfert des deux embryons et après cela pendant quelques h je me suis dit : "bon ben je suis allée jusqu'au bout et au moins temporairement je suis enceinte". Je suis rentrée à Paris plus apaisée... même si après 10 j la PDS s'était évidemment avérée négative.
- Je vais plus vite sur le reste mais pour que vous sachiez qu'après ça, l'hôpital Foch qui nous suivait nous a recommandés d'aller vers le don d'ovocytes à l'étranger. Durant presque toute l'année 2023, avec mon mari nous avons fait des groupes de parole sur le sujet, puis j'ai passé ma seule semaine de vacances d'hiver (je venais de commencer un nouveau boulot) à faire un tour des cliniques de FIV DO d'Europe : 4 cliniques visitées dans 4 pays différents en 5 jours ouvrés... En parallèle de ça, de grosses tensions dans le couple car mon mari se sentait prêt pour le don mais pas moi (lui vient d'une famille très classique où avoir des enfants est primordial, mais moi je n'étais pas à l'aise avec un certain nombre d'enjeux psy et éthiques associés au don) : mon mari me met la pression pour que j'accepte de signer avec une des cliniques visitées, je le fais, je leur envoie en pleurant des photos de moi bébé pour le matching, entre temps mon employeur me dit un jour de juin que je ne valide pas ma période d'essai car je suis trop à fleur de peau et que j'arrive pas à canaliser mon stress ... le même jour j'apprends que mon AMH est à 0,00 quelque chose (quasi indicernable). C'était avant l'été, je revois cette journée comme si c'était hier : je rentre le soir et dis à mon mari qu'il faut tout arrêter car je n'arrive à rien : arrêter le mariage, arrêter les projets d'enfants, et que je vais juste reconstruire ma vie seule, autrement... Finalement je me "rabiboche" avec mon ex-employeur pour travailler avec l'équipe comme indépendante, et j'accepte de faire une tentative de FIV DO en septembre. Là-dessus, un gynéco (hors hôpital car entre temps c'était fini avec Foch) me dit qu'il me sent malgré tout prête pour le don et me propose de faire une piqûre de décapeptyl pour me mettre sur "ménopause artificielle" avant le futur transfert FIV-DO, tout en me prévenant que ça pouvait être mal vécu par les patientes. Je me dis qu'à choisir je préfère avoir un mois d'août flingué que de remettre en question à nouveau mon fragile équilibre professionnel : on me fait la piqûre, avec mon mari on part en vacances et là, les pires vacances de ma vie avec des dizaines de bouffées de chaleur par jour et la nuit, et des accès de larmes et de colère incontrôlables... et la clinique e FIV-DO qui nous écrit qu'ils ont trouvé une donneuse et qu'on peut donc tout programmer! Là je me suis effondrée : on était au Portugal chez l'oncle de mon mari (je m'entends super bien avec lui), je n'arrêtais pas de pleurer donc je lui ai tout balancé. Mon "bel-oncle" a sévèrement recadré mon mari en lui disant que c'était de la torture à force de me mettre une telle pression pour une FIV DO si je n'étais pas prête (en effet mon mari est très influencé par ses parents, qui veulent absolument des petits enfants et lui ont transmis une "obsession" de procréer, de transmettre son nom, ses biens etc.). J'ai dit à mon mari que de toute évidence ce n'était pas à ce stade le bon chemin pour nous, vu l'état dans lequel j'étais. Je lui ai donc dit : "tu arrêtes de me mettre la pression et tu me laisses programmer pour la rentrée un RDV avec un médecin parisien qui semble faire des miracles. On essaie une dernière fois avec lui et le cas échéant, après, on rouvrira le dossier FIV DO". Il accepte...
- C'est ainsi qu'à partir de septembre 2023, nous avons été suivis par notre merveilleux médecin (qui a son cabinet et collabore avec l'hôpital américain). Il m'a fait faire une petite opération (un genre de coelioscopie avec examen des trompes qu'on suspectait d'être abîmées et en fait non, puis "grattage" de petites traces d'endométriose et d'adénomyose) puis nous avons tenté avec lui deux FIV, avec des stimulations bcp plus douces que ce que j'avais eu avant. La deuxième a marché et les deux fois c'était le même schéma, que je vous redis Nanie26 et Sakina car il vaut mieux parfois moins d'ovocytes mais de meilleure qualité : D'abord 2 follicules murs observés (et malgré ce faible nombre le médecin a décidé de faire les ponctions), puis 1 seul ovocyte ponctionné (les deux fois, le deuxième ovocyte mûr s'était "sauvé" car le follicule avait ovulé juste avant la ponction...), puis 1 embryon fécondé, puis 1 J5, puis 1 transfert... La première fois, le transfert n'a pas pris mais j'étais déjà infiniment heureuse d'être arrivée à ce stade; et la deuxième fois ça a marché ... et là je sens la poupette qui s'agite dans mon ventre
Tout ça pour dire : oui il suffit d'un! Oui les miracles arrivent! Et oui on traverse des galères sans nom et ça fait de nous des guerrières... Si je peux donner des conseils : ne pas hésiter à changer de centre/médecin si on a l'impression qu'ils essaient toujours la même chose ou qu'on n'a pas confiance; résister face aux pressions et ne pas faire des choses pour lesquelles on ne se sent pas prêt (ex FIV DO pour certaines) mais en même temps se renseigner, lire etc. sur ces autres façons de tomber enceinte/ devenir parents; faire d'autres choses épanouissantes (dans mon cas j'ai rédigé un genre de livre avant la dernière FIV et cela m'avait fait un bien fou de me sentir créative et féconde malgré l'infertilité). Et prier : dans mon cas nous avons bcp prié pour la deuxième tentative et peut-être qu'il y a là haut quelqu'un qui nous entend...
Si ça n'avait pas fonctionné, nous aurions envisagé une FIV DO mais dans un pays hors Europe, où l'on peut avoir plus d'informations sur la donneuse.
COurage et mille bisous à toutes