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Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 20 août 2017 à 22:16
par sealine
Mad07 a écrit : 20 août 2017 à 12:30 Bonjour les filles,
Sealine, j'avais suivi aussi ton parcours, je ne savais pas que tu avais vécu toutes ces épreuves avant. J'ai aussi eu pas mal de choses à surmonter, pas dans le même registre, mais finalement le ressenti est le même: j'espérais qu'après toutes ces souffrances, la vie allait enfin m'offrir un peu de douceur, de quiétude et de "normalité" avec un enfant. Mon conjoint qui a eu une saloperie de cancer à 24 ans, puis une récidive à 27 ans, pensait qu'il était temps pour lui aussi de prendre cette revanche sur la vie. Les échecs des FIV nous renvoient toutes et tous à des sentiments de souffrance passée, les réactivent parfois avec violence chez certain(e)s, comme nous qui avons vécu des épreuves très difficiles. C'est ce qui fait que je vis tout ça de manière si violente, je trouve que c'est particulièrement injuste qu'après avoir combattu si durement, nous ne soyons pas récompensés...
Drago, je vois un psy depuis près de 10 ans pour les raisons évoquées ci-dessus, il m'aide à y voir plus clair, mais parfois j'ai le sentiment que cela ne suffit pas en effet. Je pense que l'on trouve tous et toutes que tout ce processus de deuil ne va pas assez vite quel que soit le temps que ça prend. On souffre et on voudrait que ça s'arrête tout de suite. Mais malheureusement, seul le temps apaisera notre peine.
J'ai décidé de reprendre une activité artistique à la rentrée, de prendre des cours de guitare, chose que je voulais faire depuis longtemps. Cela peut contribuer à me faire du bien je pense, on verra...
Je suis heureuse que nous puissions parler de ces choses-là ici. Je m'étais éloignée du forum justement parce que je ne trouvais pas d'espace pour exprimer tout ça. J'avais le sentiment que c'était tabou, qu'il fallait privilégier un discours toujours positif pour ne pas "contaminer" les autres filles avec mes doutes, mes questionnements, mon découragement et ma tristesse. Et cela me faisait me sentir bien seule dans le monde de la PMA. Alors je suis contente et soulagée de pouvoir en discuter avec vous les filles bbras
Les médecins sont réticents à arrêter et nous relancent tout le temps sur un autre protocole ou une solution alternative (le don) parce qu'ils ne peuvent se résoudre à l'échec. Notre échec est le leur, du moins c'est comme cela que bien des médecins le vivent. Après ma dernière ponction (catastrophique) je pleurais tellement que la gynécologue m'a dit "on fera tout pour que vous soyez maman, vous le serez un jour". C'est touchant, même les médecins n'arrivent pas à se résoudre au fait que cela puisse ne jamais marcher.
Je serais curieuse de savoir quel est le ressenti/comportement de vos hommes. Le mien est un vrai cliché masculin :lol: Il ne parle pas de ses sentiments, ou très peu, mais je sais qu'il souffre, parce qu'il laisse échapper des bribes d'émotions lors de certains événements (naissances, grossesses autour de nous, etc...).
BOnsoir les filles,
ça me fait du bien de vous lire.
Mad,
Je comprends ton conjoint, le fait d'etre en vie et debout, et après avoir vécu tout ces moments difficiles ( perso j'en vis encore car tache blanche suspecte là ou j'ai eu les rayons ) on aimerait avoir du bonheur; je sais aussi que c'est difficile pour les conjoints qui supportent la maladie de la personne qu'ils aiment et avec qui ils partagent leur vie; mon compagnon a été mon pilier, il m'a connu avant la maladie et maintenant; je fais 50 kilos de + à cause des 7 ans d'errance de diagnostic ou mon corps produisait des taux de cortisol 30 fois supérieurs à la normale, et il est encore à mes cotés; alors merci à vous, les conjoints d'etre là quand on ne veut plus voir personne, quand on est une loque et malade comme un chien à cause des traitements.
Pour té repondre Mad, mon homme est très pudique sur la PMA, alors que c'est une pipelette en temps normal; le souci de stérilité vient de lui, je ne sais pas si il est géné , il n'en parle jamais; lors de la dernière fiv j'ai explosé, car je me piquais 4 fois par jour en tout, entre le gonal, le decapeptyl et les anti-coagulants, et il ne me demandait jamais ou j'en étais du traitement . il ne savait meme pas pourquoi j'allais à la clinique tout les 2 jours; je vois la psy de la PMA 1 fois par mois, j'ai demandé à monsieur de venir, j'attends sa réponse; il a des soucis au boulot alors quand j'ai explosé il m'a répondu qu'avoir un enfant n'était pas sa priorité actuelle; je comprends, mais je l'ai pris comme une claque. lors de l'annonce de l'échec de la 2eme, il m'a dit on arrete tout, stop; ou on change de médecin ( car le notre ne nous explique rien, et meme si je suis infirmière j'ai besoin de savoir ou on va et qu'on nous explique ) .
Je sais très bien qu'on ne vit pas les choses de la meme façon homme/femme, mais parfois je lui en veux, car c'est parce que lui est OATS sévère qu'on en est là, et il ne semble pas s'investir. je culpabilise de penser cela, surtout que comme pour toi MAd, il a parfois des petites phrases qui trahissent son ressenti;
je me dis aussi que oui on s'aime, mais un couple peut se briser, et meme si on s'aime depuis 13 ans, j'imagine le jour ou on se sépare, et je me retrouve seule, sans enfants, et trop tard pour en avoir; j'espere ne pas vous choquer en disant cela, mais quand le moral est bas, cette pensée revient au coin de ma tete.

j'ai regardé la page d'accueil des liens que tu as mis drago, c'est fort, intense, je ne suis pas encore prete à les lire. encore de l'espoir surement...

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 20 août 2017 à 23:00
par drago
sealine
garde cet espoir car si il est présent c'est que tu as encore des choses à tenter et c'est important de les tenter, d'aller au bout de tout et qui sait ?
c'est en cela que je dis qu'il faut écouter son moi intérieur, c'est important
prend soin de toi sealine :smack:

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 20 août 2017 à 23:02
par Mad07
Rassure-toi Sealine, je me suis déjà dit la même chose, je ne suis pas du tout choquée! C'est même totalement normal de se dire: suis-je prête à renoncer à mon désir d'enfant pour cet homme? Dans quelques années, je ne serai plus fertile moi-même et si d'ici là mon couple explose, que me restera-t-il?
La question qu'il faut se poser c'est: aujourd'hui, ai-je envie de laisser cette relation? Ai-je envie de recommencer autre chose avec qlqn d'autre? Si la réponse est non, alors même si le couple ne dure pas pour la vie, tu ne pourras pas regretter d'avoir passé tes "dernières années de fertilité" avec lui puisque le quitter pour qlqn d'autre n'était pas possible pour toi à ce moment-là.
Aujourd'hui, même si c'est parfois difficile, je ne me vois pas avec qlqn d'autre que mon conjoint. J'ai 36 ans, 37 dans quelques mois... Si dans 5 ans on se sépare, je ne pourrai probablement plus faire d'enfant avec qui que ce soit. Et ce sera comme ça, je l'assumerai parce que je ne peux pas prendre une décision aujourd'hui qui est contraire à mon désir pour une hypothétique rupture dans quelques années. Je ne sais pas si mon raisonnement est clair... :lol:
Mais si aujourd'hui tu te sens mal avec lui et que tu as envie parfois de partir et de tout recommencer avec qlqn d'autre, si cette envie persiste et se renforce, alors oui, il faudra se poser la question et y faire face avant que les regrets ne puissent s'installer.
Mais ce ne sera probablement pas à cause de la PMA, en tout cas, je ne pense pas... J'espère que ce que je dis est compréhensible ;-)

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 20 août 2017 à 23:05
par Mad07
et je tiens à préciser que je me suis posé cette question sérieusement et pas juste en 2 secondes :) mon message peut donner l'impression que la réponse a été facile à trouver. Mais c'est aussi un cheminement!

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 20 août 2017 à 23:22
par sealine
Drago, Mad, je suis contente de vous avoir sur ma route de la PMA

oui Mad, ton écrit est très clair, j'ai tout suivi ;) ; ça me rassure quelque part de voir que je ne suis pas la seule à avoir ce genre de pensées, car sur les autres posts, je ne me sens pas trop à ma place, à entendre ( ou plutôt à lire ) certaines filles, tout va bien dans le meilleur des mondes avec leur conjoint etc etc et elles ne disent pas se poser ce genre de questions; ben moi si... et ouf, je ne suis pas la seule ( merci les filles)

pour te répondre non je ne me vois pas faire mon bout de chemin sur cette terre sans lui, c'est avec lui que je veux etre, on a vécu tellement de choses ensemble que nos liens sont vraiment très forts . on s'engueule, ça crie, mais après l'orage passe, et comme il m'a dit, je ne veux pas te perdre pour un bb. Je ne sais pas si la PMA resserre les liens d'un couple, je ne pense pas honnêtement, pour moi un couple est solide, ou pas, avec ou sans PMA.

mon corps crie maternité, je ressens un désir de grossesse depuis 2 ans maintenant, avant je ne voulais pas d'enfants, c'était comme ça; et puis le temps passant, je crois qu'on voit les choses différemment; en tout cas à ce jour je ne supporte pas de voir des femmes enceintes, et les annonces de grossesse me dépitent; j'ai lutté contre ces sentiments, me trouvant minable et égoiste, et puis un jour je me suis dis : respecte toi, ne sois pas génée par tes sentiments; et depuis ça va mieux, comme tu disais drago, je me protège; je ne souhaite plus voir une de mes copines d'enfance, enceinte pour la 3eme fois; je lui ai expliqué pourquoi, elle ne savait pas pour la PMA, a compris mon ressenti, et le respecte; et moi je me sens bien dans mes bottes; je me protège, j'ai laissé trop de plumes à m'occuper des autres et à me détester physiquement ( pour moi on ne tombe pas malade par hasard)

concernant les cours des guitare Mad, je ne peux que t'y encourager! fonce! depuis que je suis en longue maladie et que du jour au lendemain j'ai du laissé mon cabinet infirmier que j'avais créé, laisser mes patients.... je me suis lancée sans aucune motivation dans le patchwork, et j'ai chopé le virus! depuis je m'éclate, je couds, je me fais mes vêtements, je fais des dessus de lit avec du patchwork moderne, je brode... je créée, je me sens vivante, et je me dis que je suis encore capable de faire quelque chose; il est important d'écouter sa fibre artistique; j'ai meme réussi à faire 1 an des salsa et 6 mois de Bollywood! j'ai du arreter car mon corps ne suivait pas, mais quelle revanche sur cette M.... de maladie! alors fonce, offre toi ces cours de guitare, ces moments rien que pour toi!

drago, tu fais aussi des activités?

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 21 août 2017 à 09:09
par drago
coucou les filles
oui la question de la fertilité et de la continuité du couple est légitimement à se poser. et c'est même sain de le faire quand on en ressent le besoin. Ne pas reléguer cette question au fond de soi car cela finira toujours par ressortir d'une manière ou d'une autre
et oui ce n'est pas la PMA qui casse le couple. c'est un facteur de vie la PMA dans le couple comme l'est la maladie d'un conjoint ou des deux conjoints, le chômage, un décès dans la famille, un accident, la violence, la trahison...
soit le couple tient car à la base il est déjà fort et chaque jour il continue de se construire dans la force, soit il craque
bien sur il y a des coups de gueule, mais pas de ceux qui amène la rupture. ce sont ceux qui continuent de faire évoluer le couple dans le renforcement du lien
ce n'est pas facile tous les jours mais c'est comme la vie
j'aime cette phrase de Pierre Reverdy qui dit "il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour"
pour notre couple cela se vérifie tous les jours

pour le moment je n'ai pas de vrais activités créatives car je ne retrouve pas l'envie et l'énergie
ça reviendra peut être: avant je faisais du tricot et j'aime beaucoup m'instruire avec des magazines sur les styles de déco intérieure
Mais je suis très admirative des personnes qui ont cette fibre artistique et j'aime beaucoup l'art et la culture
je vais dans des expos (enfin quand j'en ai l'énergie), et dans des concerts

je suis aussi très contente de pouvoir échanger avec vous sur cette difficile question sur ce forum

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 21 août 2017 à 09:21
par Mad07
Coucou Drago! Bonjour Sealine!
Il est important d'être honnête avec soi-même, je suis d'accord avec toi drago. Souvent, on refoule ce genre de questionnements parce qu'on se culpabilise de l'avoir: comment puis-je penser ça? Je suis une personne horrible! Sauf que non, nous sommes humaines et il faut accepter d'avoir à faire face à des doutes qui, d'un point de vue extérieur, sont tout à fait légitimes. Si on les refoule, en effet, ils risquent de revenir plus fort plus tard et alors on s'en voudra de ne pas les avoir affrontés avant.
Drago, est-ce que tu travailles en ce moment? J'ai eu du mal à assurer le boulot et la PMA l'année dernière, je me sentais absente, pas là, pas envie d'être là, et c'était dur... J'espère que la reprise se passera mieux, je stresse un peu à l'idée de reprendre. Au moins pendant les vacances, on peut se laisser aller à ses envies selon son humeur et son énergie du moment. Au boulot, on n'a pas le choix de prendre sur soi....
Je vous souhaite une très belle journée à toutes les deux :smack:

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 21 août 2017 à 09:58
par drago
Mad07 a écrit : 21 août 2017 à 09:21 Coucou Drago! Bonjour Sealine!
Il est important d'être honnête avec soi-même, je suis d'accord avec toi drago. Souvent, on refoule ce genre de questionnements parce qu'on se culpabilise de l'avoir: comment puis-je penser ça? Je suis une personne horrible! Sauf que non, nous sommes humaines et il faut accepter d'avoir à faire face à des doutes qui, d'un point de vue extérieur, sont tout à fait légitimes. Si on les refoule, en effet, ils risquent de revenir plus fort plus tard et alors on s'en voudra de ne pas les avoir affrontés avant.
Drago, est-ce que tu travailles en ce moment? J'ai eu du mal à assurer le boulot et la PMA l'année dernière, je me sentais absente, pas là, pas envie d'être là, et c'était dur... J'espère que la reprise se passera mieux, je stresse un peu à l'idée de reprendre. Au moins pendant les vacances, on peut se laisser aller à ses envies selon son humeur et son énergie du moment. Au boulot, on n'a pas le choix de prendre sur soi....
Je vous souhaite une très belle journée à toutes les deux :smack:
Je suis en congés et je reprends lundi prochain
paradoxalement quand je ne vais pas bien, je me lance à fond dans le boulot
au moins cela m'évite de penser à tout cela
c'est très dur quand même car je fais un métier en relation avec les enfants qui sont en situation de handicap
et donc cela me renvoie quand m^me beaucoup au sujet et j'ai du "subir" la grossesse d'une de mes secrétaires qui au m^me âge que moi, à la m^me période est passée aussi par le don d'ovocytes
donc travailler 6 mois à ses côtés alors que je venais de faire ma fausse couche a été très très compliquée
Mais je n'ai pas lâché et j'ai réussi à ne pas me mettre en arrêt maladie et à prendre la distance vitale
j'étais en mode survie et en mode guerrière
Par contre il ne fallait pas dévier sur des sujets hors champ professionnel
mes collègues ont subi le revers quand elles l'ont fait et à ce jour je ne passa pas pour la collègue la plus sympa du bureau au niveau relation perso
Mais cela je m'en fiche
seul compte ce que je ressens
il faut que j'avance et personne ne pourra jamais comprendre cette souffrance et leur jugement ne m'apporte rien donc je zappe
Pourtant beaucoup était au fait de ma démarche durant ces trois années et pour autant elles n'ont pas compris, pas su comprendre ou pas pu comprendre
J'ai trop à faire avec mon chemin pour aller mieux que de me préoccuper de leurs états d'âme
à chacun sa croix
Je reste professionnel au travail et plus rien ne filtre sur le "où j'en suis" dans ma vie privée et dans ma tête
Je ne leur laisse plus de prise à ce sujet et celles qui ont par "compassion" voulu raccrocher le wagon s'en sont mordu les doigts
c'est en ce sens que je me protège
car au début si on abordait à peine le sujet, je me mordais les joues à l'intérieur pour ne pas pleurer
donc j'ai compartimentais: au boulot le boulot et si le sujet s'aborde d'une façon ou d'une autre (car je rappelle que ma secrétaire était enceinte) je quittais la pièce pour les laisser converser
Par contre revers de la médaille, cela m'a bouffé une énergie monstrueuse
et j'ai passé mes soirées et mes week end à dormir
activités sociales réduites au minimum durant les 6 premiers mois
Mais c'était nécessaire et mon mari l'avait bien compris et m'a laissé aller à mon rythme, pour cela et aussi pour en parler avec lui en tant que de besoin
le travail a toujours été important pour moi quand j'ai eu des coups durs dans ma vie donc pour cela je n'ai pas changé ma façon de fonctionner
ce qui a changé c'est ma dureté dans mes relations au travail
Mais tant que mon boulot est fait et même bien fait que pouvait on me reprocher?

c'est en ce sens que je dis qu'il faut écouter son moi intérieur et se recentrer sur soi
ce n'est pas être égoïste, c'est survivre

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 21 août 2017 à 21:15
par Mad07
Coucou Drago,
Subir la grossesse de ta secrétaire a dû être horrible, je n'ose imaginer... Déjà les amies enceintes j'ai du mal, mais au moins, il est facile de ne pas trop les fréquenter pendant cette période. Mais tous les jours, être confrontée à ça... tu es très forte et très courageuse.
Oui, le boulot a cet avantage de nous obliger à nous focaliser sur autre chose, mais pour moi ça a aussi été difficile de me sentir pleinement investie. J'étais parasitée par toutes ces pensées, sans parler des rdv et des symptômes physiques. Du coup, je ne me sentais pas au top de mes capacités au travail et ça me renvoyait une mauvaise image de moi. Le serpent qui se mord la queue en somme.
Je suis contente de repartir sur une année sans PMA, de pouvoir me concentrer sur mon boulot, de me sentir à nouveau efficace et utile et surtout à ma place. C'est fou de se sentir à ce point soulagée d'arrêter, c'est dire si ce parcours est douloureux et épuisant.
Tu es chez toi en ce moment ou en vacances?

Re: Et si on arrêtait tout ?

Posté : 21 août 2017 à 21:49
par drago
Mad07 a écrit : 21 août 2017 à 21:15 Coucou Drago,
Subir la grossesse de ta secrétaire a dû être horrible, je n'ose imaginer... Déjà les amies enceintes j'ai du mal, mais au moins, il est facile de ne pas trop les fréquenter pendant cette période. Mais tous les jours, être confrontée à ça... tu es très forte et très courageuse.
Oui, le boulot a cet avantage de nous obliger à nous focaliser sur autre chose, mais pour moi ça a aussi été difficile de me sentir pleinement investie. J'étais parasitée par toutes ces pensées, sans parler des rendez-vous et des symptômes physiques. Du coup, je ne me sentais pas au top de mes capacités au travail et ça me renvoyait une mauvaise image de moi. Le serpent qui se mord la queue en somme.
Je suis contente de repartir sur une année sans PMA, de pouvoir me concentrer sur mon boulot, de me sentir à nouveau efficace et utile et surtout à ma place. C'est fou de se sentir à ce point soulagée d'arrêter, c'est dire si ce parcours est douloureux et épuisant.
Tu es chez toi en ce moment ou en vacances?
merci mad de tes bons mots
ma secrétaire n'a pas été fine avec moi à ce sujet alors que c'est en partie grâce à moi qu'elle a cheminé sur le don d'ovocytes
elle m'a beaucoup demandé à ce sujet avant de prendre sa décision
à l'arrivée le destin a été en sa faveur
et oui personne n'a mesuré au boulot l'effort et l'abnégation que cela me demandait 5 jours sur 7 car pour elle la grossesse a été idyllique et elle n'a pas pris un seul jour de maladie en dehors de ses congés
6 mois à vivre cela....d'où mon épuisement en plus de la charge de travail habituelle en fin de journée
autre indélicatesse, elle m'a envoyé un sms le jour de son accouchement à 23h et une photo deux jours plus tard d'eux trois de la maternité, sms envoyé à tout le service
et elle est revenu dans les bureaux 15 joirs plus tard (heureusement seule) mais n'a pas pu s'empêcher de commencer à me raconter par le menu sa césarienne, son accouchement...bref au vu de ma tête une collègue me l'a sorti de mon bureau juste à temps...
même certaines filles qui sont passées par ce parcours semblent souffrir d'amnésie quand elles obtiennent une issue heureuse
et elle de me poser la question par sms si j'envisageais de recommencer....grrrr comment dire? en quoi ça te regarde...

pour le moment je suis chez moi
je n'ai pas eu l'énergie de partir avec mon mari en vacances et de profiter à deux en l'absence de ma fille en garde chez son père
on se rattrapera l'année prochaine, il l'a bien compris
nous n'avons pas à nous plaindre car on habite une région très touristique et rien que sur notre ville, l'été il y a des tas de festivals et c'est très animé
on a fait quelques sorties ici et là
j'espère que ta reprise ne sera pas trop dure