Je reviens écrire ici, après un premier message laissé il y a quelques jours. Aujourd’hui, les choses s’éclaircissent douloureusement, et j’ai besoin de déposer mes mots quelque part, dans un espace où je sais qu’on peut comprendre, sans juger, sans fuir.
Nous arrivons au bout de notre parcours. Les tests de grossesse faits (hier et aujourd’hui) à DPO 13 et 14 sont négatifs, et même si la prise de sang n’est prévue que lundi, je sens au fond de moi que c’est fini. Mon corps me parle. Il a déjà connu cette attente, ce vide. Et cette fois, il ne reste plus de suite possible. Nous avons tout tenté. C’était notre dernière chance.
J’ai 35 ans, et la maternité ne fera pas partie de mon histoire.

Ce constat me brise le cœur, même si je m’y étais préparée. Je savais que ce jour pouvait arriver. Mais rien ne prépare vraiment à ce moment où l’on comprend qu’il n’y aura plus d’après. Qu’il faut dire adieu à cette vie rêvée, aux gestes jamais faits, aux bras qui resteront vides.
Ce qui me tient debout aujourd’hui, c’est l’amour immense que je partage avec mon mari. Dans cette épreuve, nous nous sommes rapprochés plus que jamais. Il est mon roc, mon refuge. Il a toujours été là, avec sa tendresse, sa patience, sa présence. Nous avons pleuré ensemble, espéré ensemble. Nous avons perdu ensemble. Mais nous sommes toujours là. Et notre lien est plus fort que tout.
Je commence à peine le deuil. Il est lent, profond, parfois silencieux. J’essaie de l’apprivoiser jour après jour. De ne pas fuir la douleur, mais de l’accepter, doucement. Ce n’est pas simple, mais je veux me donner la chance d’une vie apaisée, même différente de celle que j’avais imaginée.
Avec mon mari, nous avons décidé de nous offrir des parenthèses loin de tout. De voyager, de nous créer d’autres souvenirs, d’ouvrir notre vie à d’autres joies. Ce ne sera jamais un remède, mais peut-être un moyen de réapprendre à respirer, à savourer, à vivre autrement.
Je sais que ce groupe n’est pas très actif, mais vos mots m’avaient touchée la première fois. Et si mon message peut à son tour résonner pour quelqu’un, ne serait-ce qu’un peu, alors il aura eu du sens.
Je vous souhaite à toutes de trouver votre propre lumière dans cette traversée. Nous ne sommes pas seules.
Avec tout mon cœur,
Espoire