Alaska a écrit : 31 janv. 2024 à 17:37
Bonjour les tortues,
Donc voilà, ma PDS, c’était en fait ce matin.
J’avais tellement peur avant d’ouvrir le résultat qu'1/2h avant déjà, alors que j’étais encore au boulot, j’avais le ventre en vrac, envie de vomir, les mains qui tremblent et des suées froides. J’aurais été au bord d’un précipice que je ne me serais pas mieux sentie !
Et (j’ai envie de dire « bien évidemment ») le résultat est négatif.
Négatif comme dans <2UI/L, c’est- à dire, rien, nada, même pas un début d’accroche, rien.
C’est le 9ème embryon d'affilée qui ne donne rien depuis la mort de ma fille, et encore sans compter les 2 qui ne sont pas bien décongelés… Dans ce cas c’est le 11ème… Autant dire qu’à ce stade, espérer l'arrivée d'une nouvelle grossesse semble relever du bercement d’illusion totale.
Bien sûr, pour autant j’y croyais tout de même, on a mis tellement de choses en place, fait tellement d’efforts ces derniers mois… ! Et le spermogramme s’était nettement amélioré, alors on avait des raisons de penser que cette fois-ci ça pouvait être différent. Et pourtant, le couperet est tombé, avec l’impression d’un cauchemar qui se répète inlassablement. Avec le sentiment que cela nous détruit psychologiquement à petit feu.
J’ai l’impression de rentrer un peu plus profondément dans la catégorie « cas désespérés », les chiffres sont là et ils sont implacables. 9 ans et demi d’attente, 6 ans de PMA, 5 FIV, 13 embryons en échec, dont 2 grossesses biochimiques, 0 grossesse spontanée, et pour couronner le tout une pré éclampsie fatale pour notre unique fille, le seul miracle que le monde nous ait offert, et qui nous a été arraché, avec un deuil qui nous a ôté beaucoup de joie de vivre et pompé toutes nos ressources. Et avec tout ça, un âge qui avance, et des traumatismes qui se cumulent.
Évidemment, je vais m’efforcer de prendre le temps de panser cette nouvelle plaie, mais je me pose déjà 1000 questions sur la suite.
Nous avons peu d’espoirs sur notre dernier embryon : les 2 premiers de cette FIV ne prônent pas en sa faveur. Certes, nous avons encore, du fait de ma 1ère grossesse, 2 autres possibilités de FIV. Mais pourquoi la prochaine donnerait-elle de meilleurs résultats ?
Je me pose aussi beaucoup de questions sur les mauvaises analyses d’hormones du stress qu’on m’a restituées la semaine dernière, ce fameux « effondrement » des surrénales. Depuis, je me suis renseignée sur le sujet, et je dois admettre que je suis plus épuisée et à fleur de peau que je n’en avais conscience. En fait, je pense que ça fait juste tellement longtemps que je n’ai pas fonctionné « normalement » que j’ai oublié à quoi ça ressemble. Ça fait 2 ans et demi que je suis en mode survie, que quand on me demande : « ça va ? », j’ai envie de répondre « non ». Que je me réveille aussi fatiguée qu'au coucher. Que je rêve d’arrêter de travailler car je me sens épuisée tous les matins à l’idée de faire comme si j’avais l’énergie qu'en fait je n'ai pas. Que je pleure à la moindre contrariété. Qu’aider les autres m’épuise (alors qu’à la base c’est ce que j’aime faire). Que je ne lance aucun projet (hors fertilité/ adoption) car je n'ai pas la disponibilité psychologique pour le faire. etc, etc.
Je ne suis pas sûre que cela puisse à lui seul expliquer les échecs actuels mais ce n’est pas un bon signal évidemment. Or combien de temps faut-il pour se remettre de cela ? Et comment faire ?
J’ai attendu 6 mois entre mon dernier TEC et cette FIV, je vois difficilement comment je pourrais laisser passer plus de temps entre les tentatives avec cette fameuse menace de l’âge…
Mon homme est prêt à passer au don de sperme si l’équipe médicale pense que c’est une bonne piste pour nous. Mais est-ce qu’on y a droit, et est-ce la bonne piste? je l’ignore.
Évidemment, si le prochain TEC échoue, nous envisagerons la piste de l’étranger, tout en nous demandant ce qu’ils pourront faire de plus, à part un DPI (qui au moins accélérerait le moment où l’on sait si les embryons peuvent vraiment donner quelque chose et s’épargner toutes ces phases d’attente que je ne supporte plus).
Voilà où j’en suis aujourd’hui. J’espère que nous serons bien conseillés, et que nous saurons faire les bons choix à l’avenir.
Je suis de tout cœur avec
Inthewind dont l’uterus pleure aussi aujourd’hui (oui, j’ai entendu cette expression et elle m’a bien parlé : quand on a nos règles, notre uterus et nos ovaires « pleurent » de ne pas avoir un enfant et ils ont le droit de l’exprimer), et avec toi
Chouk : j’espère que ces examens et ces protocoles te réussiront. Je crois sincèrement qu’un profil de fausses couches répétées peut se rétablir car je l’ai vu chez 1 amie, qui était possiblement suivie par le même centre que toi.
Bonne suite de journée les tortues en espérant que la vue de ce pavé ne vous a pas découragées!